Témoignage de Richard MEHIWA au moment de son ordination diaconale, pour le diocèse de Clermont.

« Qu'est-ce que l'homme, pour que tu le connaisses, Seigneur, le fils d'un homme, pour que tu comptes avec lui ? » Ps 143,3. C’est par ces mots du psalmiste que je résume volontiers l’histoire de ma vocation : bien qu’elle soit toute simple et sans événement extraordinaire, je reconnais néanmoins le projet de Dieu qui s’accomplit peu à peu, faisant de moi un humble ouvrier de sa moisson.
En effet, mon désir de devenir prêtre est né dès mon enfance, vers l’âge de six ou sept ans. J’étais déjà fasciné par la figure du prêtre et par tout ce qu’il accomplissait lors des célébrations auxquelles j’assistais avec ma famille. En grandissant, je me suis très vite engagé dans la vie de ma paroisse. Ces différents engagements m’ont aidé à approfondir et à affermir mon désir de répondre à l’appel du Seigneur. C’est ainsi qu’en classe de terminale, j’ai finalement pu surmonter la crainte qui m’habitait à l’idée de m’engager dans la prêtrise. Au fond de moi, j’étais convaincu de l’appel de Dieu, mais je redoutais de ne pas être à la hauteur. Car, pour moi, l’essentiel n’était pas simplement de devenir prêtre, mais de devenir un bon prêtre à l’image du Christ, Tête et Pasteur. Dans mes peurs et mes hésitations, j’ai trouvé un précieux soutien auprès d’un prêtre qui a accepté de m’accompagner comme directeur spirituel. Grâce à lui, j’ai compris que c’est Dieu lui-même qui donne la grâce et la force nécessaires pour devenir prêtre ; ce qu’Il attend de nous, c’est seulement la disponibilité et le « oui » du cœur. Ainsi, après mon baccalauréat en 2013, j’ai fait ma demande d’entrée au séminaire, malgré le mécontentement de ma famille, en particulier de ma mère.
En 2022, après dix années de formation — conformément aux exigences de mon pays d’origine, le Togo — pour des raisons familiales et personnelles, j’ai quitté le Togo pour la France. En septembre 2022, je me suis inscrit à la Faculté des sciences humaines, langues et lettres de l’université Clermont en Master de philosophie. En septembre 2024, l’évêque de Clermont en accord avec celui du Togo m’envoie au Séminaire Notre Dame de l’Espérance d’Orléans pour poursuivre mon discernement en vue d’une possible incardination dans le diocèse de Clermont. C’est ainsi que le 14 décembre dernier, je fus ordonné diacre en vue du presbytérat pour le diocèse de Clermont, en l’Église Sainte Martine de Pont-du-Château.
Je continue ma formation à Orléans avec une insertion pastorale dans la paroisse Saint Pierre du Val d’Allier à Clermont. Je suis très heureux de ce parcours. Et je me sens pleinement épanoui dans cette charge diaconale qui me permet d’être au service du peuple de Dieu à travers la prédication, l’enseignement, la célébration des sacrements et plein d’autres missions qui me sont confiées dans la paroisse et dans le diocèse. Ma joie de cheminer vers la prêtrise ne cesse de grandir. Conscient de mes faiblesses humaines, je m’efforce de devenir un prêtre à l’image du Christ, le prêtre par excellence.
A tous ceux qui se posent des questions sur leur vocation, qu’il s’agisse de la vie consacrée, religieuse, la prêtrise ou le mariage, je vous invite à la confiance en Dieu et à la persévérance dans un abandon total à Jésus, à travers l’Église. Et que la Vierge Marie intercède pour nous tous, Amen !
