Depuis que je suis ici au séminaire Notre-Dame de l’Espérance (et cela fait trois ans déjà !) c’était la première fois que je fêtais Pâques avec mes confrères séminaristes et les pères du séminaire.

Tout d'abord une interrogation : est-ce qu'on allait marquer cet événement en communauté, ou bien, comme les années précédentes, dans les paroisses ? Le conseil de communauté avait alors jugé digne que cette année nous la fêtions ensemble. Comme les disciples dans l'Évangile de Matthieu, il fallait préparer cette Pâque pour la communauté. Mais l’ironie et la beauté de cette histoire est que nous sommes 2000 ans plus tard et cette activité s’organise presque toujours de la même façon.

Il faut dire qu'on a la chance ici au séminaire d'avoir plusieurs équipes qui gèrent des événements pareils et qui permettent que les soirées soient inoubliables. D'ailleurs le professionnalisme de cette soirée était vraiment remarquable, bravo aux équipes !

Alors, que s'est-il vraiment passé ? Tout a commencé par l’office de vêpres, animé par la schola (les chérubins de notre communauté) sous la directive de son responsable Julien Sauvé. Pour ce jour les vêpres furent solennelles, l'espace liturgique a été préparé et aménagé d'une manière spéciale pour l'occasion. La place de la prière occupe manifestement une grande importance pour notre communauté et dans la vie quotidienne de chaque séminariste ici à Notre-Dame de l’Espérance. Quand la liturgie est bien préparée (avec des chants polyphoniques, de la musique, etc.) cela permet davantage de rentrer en dialogue profond et en méditation avec le Seigneur.

Quand une grande partie de la communauté était en train de prier, nos confrères polynésiens étaient en train de nous préparer le barbecue. Juste après les vêpres il y avait, comme traditionnellement pour les grandes fêtes, un apéritif. Pour notre communauté, l'apéritif est très important ! L’importance de ce dernier porte sur deux dimensions. Tout d’abord il y a la dimension fraternelle, où on prend des nouvelles, on échange, et on trinque à la santé des uns et des autres ; et la deuxième dimension : c'est à ce moment-là que nous pouvons prendre un bon whisky (pour ceux qui préfèrent cela) et de faire jaillir des fous rires et des blagues rigolotes.

Après l'apéritif on est passé à table. La configuration du réfectoire ce jour-là était étonnante. Nous étions tous pour ainsi dire sur la même table. C'était beau que sur cette même table il n’y ait pas de places d’honneur. La place d’honneur était pour le Christ ressuscité, au nom de qui nous étions tous rassemblés, et qui, comme nous dit saint Augustin, était au plus profond de nos cœurs. Nous étions tous au même niveau. Le repas fut bon ! Il y avait du vin et de la nourriture, comme aux noces de Cana. Après le repas il y eut un moment de détente avec des jeux entre les membres de la communauté. Avec des jeux des sociétés, des jeux vidéo et un tournoi d’échecs.

Cette soirée fut pour moi un moment inoubliable. Dans notre communauté il y a beaucoup de séminaristes qui viennent de l’étranger comme l’île Maurice, les Seychelles ou la Guadeloupe (même si c’est la France). Il y a aussi des séminaristes qui viennent un peu partout de la France comme le Nord (pour ne pas dire le Diocèse de Cambrai.) Le fait d'avoir passé ce moment ensemble nous a permis de vivre en terre d'étranger tout en ayant une famille qui nous soutient. Ça fait déjà trois ans que je suis ici et trois ans que je vis des activités ecclésiales dans des conditions de distance et de solitude familiale. Il n’y a pas d'autre façon de célébrer le Christ que de le célébrer ensemble.

Jean-Michel Camille - Diocèse de Port-Victoria - 2e année

séminariste en 2e annéeséminaristes à table le jour de Pâques