Visiter le séminaire

Voilà presque 100 ans que le Séminaire d’Orléans fut installé, en 1909, au n°1 cloître Saint-Aignan. Depuis un siècle, nombreux sont les prêtres diocésains qui ont habité ces lieux pendant leurs six années de formation… A leur suite, nous y vivons aujourd’hui dans le même dynamisme spirituel qui nous achemine vers l’ordination presbytérale. Vous cherchez à mieux connaître notre Séminaire interdiocésain d’Orléans, découvrir ce qui fait le quotidien de notre vie… ?. « Venez et voyez ! » (Jn 1, 39)

Dans la mesure du possible, les lieux qui constituent un séminaire cherchent à donner aux futurs prêtres un cadre favorable aux divers aspects de leur formation.

La vie au séminaire est d’abord une vie communautaire : ni luxueux, ni trop austères, ces lieux permettent à une communauté d’une cinquantaine de personnes  - à Orléans - de vivre au quotidien une vie fraternelle. Tous et chacun doivent pouvoir s’y sentir à l’aise et heureux tout au long de leurs années de formation. Il est donc nécessaire de permettre à chacun d’avoir un espace personnel, intime et favorable à la vie de travail, de prière, de repos ; mais aussi d’offrir la possibilité à tous de se retrouver ensemble et de partager les temps forts de la formation dans la liturgie, les études et la vie fraternelle dans ses aspects conviviaux et amicaux.

Le séminaire d’Orléans se compose de plusieurs étages : deux sont réservés aux chambres – chaque séminariste ayant la sienne propre - et deux autres accueillent les locaux communautaires. Parmi ceux-ci :

- des lieux pour prier comme la chapelle où toute la communauté se rassemble pour les offices, la messe et les divers temps de célébration ainsi qu’un petit oratoire plus propice aux petits groupes et à l’oraison personnelle ;

- des lieux pour étudier comme les diverses salles de cours et les bibliothèques (dont celle du diocèse d’Orléans avec plus de 60000 ouvrages) ;

- des lieux de convivialité comme la salle à manger et le foyer où beaucoup se retrouvent facilement autour des journaux et du bar ;

- des lieux de détente comme le jardin – grande terrasse fleurie en bords de Loire – et la véranda qui abrite baby-foot et ping-pong ;

- des lieux de vie pratique comme la buanderie, la cuisine mais aussi les locaux administratifs (secrétariat, économat…).


Un séminaire doit être un lieu où il fait bon vivre tant par la qualité de la vie fraternelle que par l’ambiance de la vie matérielle où les petites choses de la vie ordinaire ne deviennent pas des difficultés mais l’occasion de vivre un peu plus ensemble le partage. L’investissement dans les tâches de la vie quotidienne est souvent un bon lieu de conversion personnelle et un signe du souci de l’autre. Il s’agit bien de faire du séminaire, un lieu de vie !...


vue sur le séminaire et le jardin

Un peu d'histoire...


En 1967, après le concile Vatican II, les évêques de la Région Apostolique Centre décident de regrouper leurs séminaires : Orléans accueille le second cycle, tandis que le premier cycle se déroule à Tours. Cependant les effectifs diminuant, il devient nécessaire de trouver une nouvelle formule.

En octobre 1980, Mgr Jean-Marie Lustiger, alors évêque d’Orléans, relance le Séminaire en ouvrant un premier cycle, avec l’appui des autres diocèses de la Région apostolique. Les évêques confient alors l’animation du séminaire à la Congrégation de Jésus et Marie (les Eudistes) en collaboration avec des prêtres diocésains.

Puis, dans les années qui suivent, le Séminaire se développe et offre l’ensemble du parcours – les six années - de formation complète vers le ministère presbytéral.

Le Séminaire d’Orléans est érigé canoniquement en février 2000 – C.D.C. 237 §2 – en Séminaire « interdiocésain », avec l’approbation, par la Congrégation pour l’Education Catholique (Rome), des statuts signés des sept évêques des diocèses fondateurs : Blois, Bourges, Chartes, Nevers, Orléans, Sens-Auxerre et Tours. Les évêques des diocèses fondateurs assument collégialement la responsabilité du séminaire. Ils délèguent l’un d’entre eux, habituellement l’évêque du diocèse où est situé le séminaire - Orléans -, pour les représenter dans l’exercice de l’autorité épiscopale, comme interlocuteur du Supérieur et de l’équipe animatrice du séminaire et pour suivre la vie du séminaire.

Le Séminaire interdiocésain d’Orléans reçoit les séminaristes des diocèses fondateurs mais aussi accueille des séminaristes d’autres diocèses et de congrégations religieuses.

En septembre 2003, le dernier séminaire dit « d’aînés » de France, sous la responsabilité des Eudistes, initialement à Vienne en Isère, vient continuer sa mission à Orléans. Il y prend le nom de « Communauté Notre-Dame-du-Chemin » et s’intègre au sein du Séminaire interdiocésain d’Orléans, tout en gardant sa spécificité. La Communauté Notre-Dame du Chemin essaie d’offrir une remise à niveau intellectuelle, en une année scolaire, à des adultes, jeunes et moins jeunes, - (d’où le terme d’« aînés ») possédant déjà une expérience professionnelle mais n’ayant pas fait d’études secondaires. Ainsi, des personnes ne disposant que d’un niveau d’études et de connaissances élémentaire peuvent entrevoir un chemin vers la prêtrise.

Aujourd’hui l’ensemble du Séminaire interdiocésain d’Orléans compte 48 séminaristes dont 6 pour la communauté Notre-Dame-du-Chemin.

 

Et avant 1967 ...

 

L’ouverture d’un séminaire à Orléans remonte à la fin du 17e siècle.

Ce premier séminaire fut installé en 1670, par Monseigneur Pierre du Cambout de Coislin dans les anciens locaux du chapitre Saint- Avit. Mais l’espace s’avéra vite insuffisant, et Mgr de Coislin entreprit alors de racheter tout le quartier compris entre les actuelles rues Dupanloup et des Bons Enfants d’une part, du Bourdon Blanc et Serpente de l’autre ; au début du XXe siècle, cet espace deviendra le lycée de jeunes filles –lycée Jeanne d’Arc- de la ville d’Orléans. C’est aux Sulpiciens que l’on fit appel pour diriger le séminaire. Ils y restèrent jusqu’à la période révolutionnaire où ils refusèrent de prêter serment ce qui entraîna la fermeture du séminaire.

Les études, à l’époque, s’étendaient sur quatre années. La première était consacrée à la logique et à la physique, les trois autres à la théologie. En 1793, les lieux sont transformés en prison, et ce n’est qu’en 1825 que le séminaire revint dans ses anciens locaux. Il y restera jusqu’à la loi de séparation des Eglises et de l’Etat ou, plus exactement, jusqu’en décembre 1906.

séminaristes

C’est donc il y a cent ans, le 1er juillet 1909, après un passage de deux ans rue Pasteur, que Mgr Touchet, évêque d’Orléans, inaugure une « nouvelle école de théologie ». Celle-ci est située au 1 cloître Saint-Aignan. Les locaux avaient appartenu aux Ursulines, interdites d’enseignement par la loi de 1904 et contraintes à l’exil. Celles-ci avaient acquis les lieux en 1810 et avaient fait quelques travaux d’agrandissement. Elles ont su cependant préserver la terrasse construite par ordre de Louis XI et dont subsistent encore aujourd’hui deux échauguettes, face aux quais de la Loire.

Quelle vie menait-on au séminaire en ce début du XXe siècle ? Le père Lenoir nous en donne une idée.
Entré en 1919, ce qu’il dit de la vie au séminaire ne changera guère jusqu’à la fin des années 50 : "C’était à l’époque une bâtisse assez inconfortable. […] Le régime de la maison était dur et fatiguant. A 5 heures, réveil qu’un de nos confrères, « l’excitateur », réalisait en venant nous saluer au nom du Seigneur. Il était quelquefois mal reçu ! A 5 h et demi, méditation dans la salle commune, avec des positions diversifiées, c’est-à-dire un quart d’heure agenouillé, un quart d’heure assis et un quart d’heure debout. […] Après les études de la matinée se situait, avant le déjeuner, l’examen particulier : moment de recueillement et aussi, avouons-le, parfois de quelque récréation. […]
Nous vivions véritablement une vie d’étude et de prière, un peu monacale, mais dont j’appréciais, avec mes confrères, l’authenticité et le sérieux. […]"

Un prêtre enseignant et 19 séminaristes tombèrent au cours de la guerre de 1914-1918. En 1930, les lieux sont devenus trop petits et Monseigneur Jules-Marie Courcoux, évêque d’Orléans depuis 1926, décide de les agrandir vers l’ouest et de construire un nouveau réfectoire en bordure de la rue Coligny. Mais au fil des ans, les effectifs diminuent et, en 1967, les évêques de la Région Apostolique Centre décident d’ouvrir le premier cycle du séminaire à Tours ...