Une aventure spirituelle

La période qui suit l’entrée au séminaire est normalement une période de vraie joie et parfois même, pour certains, de soulagement, car un choix a été posé, souvent après un bon temps de discernement et de réflexion. Ce n’est pourtant que le début d’une aventure spirituelle… qui conduira le séminariste, si Dieu le veut, jusqu’à ce « oui » d’homme libre au jour de son ordination.

Le temps du séminaire est un temps très important où chaque séminariste aura un chemin personnel à accomplir.

Les séminaristes vivent en communauté. Ce qui les rassemble, c’est le désir d’être prêtres, de consacrer leur vie à Dieu et au service de leurs frères parce qu’un jour ils ont entendu cet appel de Jésus : « Je vous appelle mes amis » (Jn 15, 15) et ils désirent vivre cette amitié au plus profond d’eux-mêmes.

C’est de cette amitié avec le Christ, vécue dans la prière, à l’écoute de la Parole de Dieu et en communion avec l’ensemble de la communauté du Séminaire, que va pouvoir jaillir, pour chacun des séminaristes, une vraie liberté intérieure appelée à s’approfondir et à se préciser tout au long des années de formation.

Ainsi au terme de cette formation, au moment de son ordination, le séminariste, conscient à la fois de toutes les grâces reçues et de ses limites personnelles pourra être à même de dire « oui » à l’appel de son évêque, en toute liberté et en pleine connaissance de cause.


séminaristes en pèlerinage en Terre Sainte

Se  former au sacerdoce signifie s’entraîner à donner une réponse personnelle à la question fondamentale du Christ : « M’aimes-tu ? » La réponse, pour le futur prêtre, ne peut être que le don total de sa vie. 

Saint Jean-Paul II - Je vous donnerai des pasteurs « Pastores dabo vobis », § 42

À cette citation de Saint Jean-Paul II pourquoi ne pas ajouter les quelques lignes encourageantes qui concluent la première partie de la Ratio des séminaires ?

Sans nier les difficultés que comportent aujourd’hui l’exercice du ministère presbytéral, il faut rappeler qu’il est d’abord l’apprentissage de la joie humaine et spirituelle qu’éprouve un prêtre à être intimement associé à la mission du Christ Bon Pasteur pour le bonheur des hommes et leur salut. Les difficultés actuelles ne doivent pas conduire à envisager la formation des chrétiens qui se préparent à l’ordination comme un entraînement à porter sur leurs épaules toutes les difficultés de l’Eglise. C’est au peuple de Dieu tout entier qu’il revient d’assumer ses épreuves, y compris celle qu’engendre notre manque actuel de prêtres. Il serait invraisemblable que le temps des fiançailles que représente l’initiation au sacrement de l’Ordre ne soit pas celui d’un grand bonheur.

La formation des futurs prêtres Centurion / Cerf 1998 p.20