Apprendre à être pasteur

Toute la formation des candidats au sacerdoce est destinée à les disposer d'une façon plus particulière à communier à la charité du Christ Bon Pasteur. Cette formation doit donc, dans ses divers aspects, avoir un caractère essentiellement pastoral (…) Comme toute autre formation, la formation pastorale se réalise par une mûre réflexion et des exercices pratiques, elle plonge ses racines vivantes dans un esprit qui est le centre de tout et constitue une force d’impulsion et de développement.

Jean-Paul II - Je vous donnerai des pasteurs (Pastores dabo vobis) § 57

St Jean-Eudes auprès des pauvres

Concrètement, au cours de sa formation vers le ministère de prêtre diocésain, chaque séminariste est invité progressivement à découvrir puis à approfondir ce qu’est la vie pastorale au sein des paroisses ainsi que des mouvements et services d’Eglise.

Au cours des deux premières années - le premier cycle - les séminaristes participent à un temps court d’activités apostoliques de proximité (aumônerie, catéchèse, visite des malades, activités caritatives…). Ces activités doivent permettre de découvrir divers aspects de la vie en Eglise et de mieux cerner les aptitudes au dialogue et à l’écoute, à la prise de responsabilités, à vivre la dimension missionnaire du témoignage.

Au cours du deuxième cycle et de l’année diaconale, le séminariste se voit proposer dans son diocèse un lieu d’insertion pastorale. Il est accueilli, dans la mesure du possible, par une équipe de prêtres et de laïcs, collaborant avec le prêtre responsable de l’insertion, désigné par l’évêque. C’est d’abord un temps d’observation de la réalité pastorale d’une paroisse, d’un secteur ou d’un mouvement, puis l’insertion laisse place progressivement à des prises de responsabilités variées. Il participe, autant que faire se peut, aux réunions de l’équipe pastorale. Diacre, le séminariste assure une part plus importante de responsabilités pastorales et exerce son ministère diaconal (baptême, mariage, prédication, services caritatifs…).

Le premier but de l'insertion pastorale n'est pas d'apporter une aide efficace à une paroisse ou à un prêtre. Les équipes qui acceptent de recevoir un séminariste savent qu'il s'agit d’abord de rendre un service nécessaire à la formation des futurs prêtres.

    Les objectifs de l’insertion pastorale :
  • Apprendre à connaître son diocèse et s'initier ainsi à la vie et à la mission de l'Église dans sa réalité locale.
  • Découvrir et comprendre les réalités humaines d'un lieu déterminé, en étant attentif aux personnes et aux situations.
  • S'initier peu à peu aux tâches du ministère presbytéral actuel, sans ignorer les recherches pastorales diocésaines pour l’avenir.
  • S'habituer à mener de front plusieurs types d’actions : l'action apostolique, le travail intellectuel et un rythme régulier de vie spirituelle et communautaire.
  • Permettre un double discernement : d'une part l'Eglise apprécie la capacité du candidat à assumer le ministère et la vie des prêtres ; d'autre part le candidat vérifie si son intention de devenir prêtre diocésain se confirme à mesure qu'il partage davantage le ministère et la vie des prêtres dans son diocèse.

La formation au presbytérat concerne tout l’être du baptisé qui veut devenir prêtre et non pas seulement telle ou telle de ses facultés, comme c’est le cas pour une formation professionnelle. Il s’agit d’une initiation à la vie apostolique et non pas d’un apprentissage ou d’un entraînement à des activités que comprend cette vie. (…) le séminaire ne fait pas que préparer à un « métier », encore que le presbytérat nécessite l’acquisition de qualifications fortes et précises dans plusieurs domaines. Il est ce lieu à la fois protégé et ouvert, où tout est disposé de façon à ce que les futurs prêtres apprennent à trouver l’unité de leur vie dans la configuration au Christ Prêtre, Prophète et Pasteur, dont l’ordination est le sacrement.

Les évêques de France - La formation des futurs prêtres