Des joies nouvelles

Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit entière

Evangile de Jésus-Christ selon Saint Jean (15,11 ).

La vie au séminaire est joyeuse, non parce qu’elle serait faite de plaisirs, mais parce que des joies nouvelles émergent dans nos vies.

Notre joie fondamentale, c’est celle de l’appel personnel de Dieu. Le percevoir au fond de soi, c’est entendre l’appel à être heureux. Y répondre de tout son être, c’est entrer progressivement dans une joie qui nous est donnée et qui est une force pour avancer.

Cette vraie joie va en s’accentuant et en s’approfondissant. On la puise dans l’expérience forte de communion et de prière vécue au quotidien : vivre ensemble au rythme de la liturgie de l’Eglise, de la prière personnelle, de la vie communautaire.

Cela ne signifie pas que les combats spirituels sont absents - on ne rentre et on ne ressort pas parfait au séminaire ! - mais les exigences de la conversion du cœur, au lieu de nous attrister, suscitent un enthousiasme lorsque je comprends qu’elles me rendent plus libre pour servir le Christ. Ne pas se mettre en avant mais se laisser convertir par la grâce, c’est comme un « basculement » vers la joie.

Au long de ces années de formation, nous connaissons aussi la joie d’entrer plus avant dans la connaissance du mystère du Christ, à travers nos études, la méditation de la Parole de Dieu… Comme aussi la joie d’entrer plus avant dans la communion de l’Eglise, lors de nos insertions dans les paroisses ou lors du passage de nos évêques au séminaire…

Enfin, il y a cette joie que l’on expérimente, à mesure que l’on franchit les étapes importantes qui nous acheminent vers l’ordination : la joie du don de soi-même, lorsqu’on fait l’expérience de « se dessaisir » de sa propre vie pour la remettre entre les mains de Dieu, entre les mains de l’Eglise, entre les mains de son propre évêque.


séminaristes heureux !

Je voulais vous dire un mot et ce mot, c’est la joie. Là où sont les consacrés, les séminaristes, les religieuses et les religieux, il y a de la joie, il y a toujours de la joie ! C’est la joie de la fraîcheur, c’est la joie de suivre Jésus ; la joie que nous donne l’Esprit-Saint, pas la joie du monde. Il y a de la joie ! Mais où naît la joie ? […] La joie n’est pas l’ivresse d’un moment : c’est autre chose ! La vraie joie ne vient pas des choses, du fait que l’on possède, non ! Elle naît de la rencontre, de la relation avec les autres, elle naît du fait de se sentir accepté, compris, aimé, et du fait d’accepter, de comprendre et d’aimer ; et ceci non pas pour un moment, mais parce que l’autre est une personne. La joie naît de la gratuité d’une rencontre ! .

Discours du Pape François aux séminaristes et novices le 7 juillet 2013