Texte du Concile Vatican II :
« La formation spirituelle doit avoir un lien étroit avec la formation doctrinale et pastorale et, avec l'aide principalement du directeur spirituel, elle doit être donnée de telle façon que les séminaristes apprennent à vivre continuellement dans la familiarité du Père, par son fils Jésus-Christ, dans l'Esprit-Saint.
La sainte ordination devant les configurer au Christ prêtre, qu'ils s'habituent déjà à lui être attachés comme des amis, également dans l'intimité de toute leur vie. Qu'ils vivent son mystère pascal de façon à savoir initier à ce mystère le peuple qui leur sera confié. Qu'on leur enseigne à chercher le Christ, dans la méditation fidèle de la parole de Dieu, dans la communion active aux très saints mystères de l'Eglise - en premier lieu dans l'eucharistie et l'office divin, - dans l'évêque qui les envoie et dans les hommes à qui ils sont envoyés, surtout les pauvres, les petits, les malades, les pécheurs et les incroyants.
Qu'avec une filiale confiance ils aiment et honorent la bienheureuse Vierge Marie que le Christ Jésus, mourant sur la croix, donna comme mère à son disciple. »
Décret sur la formation des prêtres, Optatam Totius, § 8
Commenté par le Pape Jean-Paul II :
Ce texte conciliaire mérite d'être médité avec attention. On peut y discerner facilement quelques valeurs et exigences fondamentales pour l'itinéraire spirituel proposé au candidat au sacerdoce.
Ce qui s'impose avant tout, c'est la valeur et l'exigence d'une « vie
intimement unie » à Jésus Christ. L'union au Seigneur Jésus, fondée sur le
Baptême et alimentée par l'Eucharistie, se traduit par un renouvellement radical,
dans la vie de chaque jour. La communion intime avec la Sainte Trinité, c'est-à -dire
la vie nouvelle de la grâce qui rend fils de Dieu, constitue la « nouveauté » du
croyant, une nouveauté qui s'étend à l'être et à l'action. Elle constitue le
mystère de l'existence chrétienne placée sous le souffle de l'Esprit ; elle
doit, en conséquence, constituer l'« ethos » de la vie du chrétien. Jésus
nous a enseigné ce merveilleux contenu de la vie chrétienne, qui est le cœur
même de la vie spirituelle, dans l'allégorie de la vigne et des sarments : "Je
suis la vigne véritable et mon Père est le vigneron... Demeurez en moi, comme
moi en vous. De même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s'il
ne demeure pas sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez pas en
moi. Je suis la vigne; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi
en lui, celui-là porte beaucoup de fruit; car hors de moi vous ne pouvez rien
faire » (Jn 15, 1. 4-5). (…)
Le texte conciliaire, tout en soulignant la transcendance absolue du mystère chrétien, présente la communion intime des futurs prêtres avec Jésus en y ajoutant une nuance d'amitié. Il ne s'agit pas là d'une absurde prétention de l'homme. C'est simplement un don inestimable du Christ, qui a dit à ses Apôtres : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous appelle amis, parce que tout ce que j'ai entendu de mon Père, je vous l'ai fait connaître » (Jn 15, 15).
Le texte conciliaire poursuit en indiquant une autre grande valeur spirituelle : la recherche de Jésus. « On leur apprendra à chercher le Christ ». C'est là , avec le quærere Deum, un thème classique de la spiritualité chrétienne illustré de manière exemplaire par la vocation des Apôtres. En racontant comment les deux premiers disciples ont suivi Jésus, Jean met en lumière la place occupée par cette « recherche ». C'est Jésus lui-même qui pose la question : « Que cherchez-vous? » Et tous deux répondent : « Maître, où demeures-tu? » L'évangéliste poursuit: « Il leur dit : "Venez et voyez". Ils vinrent donc et virent où il demeurait, et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là » (Jn 1, 37-39).
En un sens, la vie spirituelle de celui qui se prépare au sacerdoce est dominée par cette recherche : chercher et « trouver » le Maître, le suivre et demeurer avec lui. Dans le ministère et la vie du prêtre, il faudra continuer cette « recherche », car le mystère de l'imitation du Christ et de la participation à sa vie est inépuisable. De même, il faudra continuer à « trouver » le Maître en vue de le désigner aux autres, et mieux encore, en vue de susciter chez les autres le désir de chercher le Maître.
Mais cela n'est vraiment possible que si l'on propose aux autres une « expérience » de vie, une expérience qui mérite d'être partagée. Ce fut la voie suivie par André pour conduire son frère Simon à Jésus. André, écrit l'évangéliste Jean, « rencontre au lever du jour son frère Simon et lui dit : "Nous avons trouvé le Messie" - ce qui veut dire Christ. Il l'amena à Jésus ». Et ainsi, Simon lui aussi sera appelé comme Apôtre à suivre le Messie : « Jésus le regarda et dit : "Tu es Simon, le fils de Jean; tu t'appelleras Céphas" - ce qui veut dire Pierre » (Jn 1, 41-42).
Mais que signifie, dans la vie spirituelle, chercher le Christ? Où le trouver? « Rabbi, où demeures-tu? » Le décret concilaire Optatam totius semble indiquer un triple chemin à parcourir : la méditation fidèle de la Parole de Dieu, la participation active aux saints mystères de l'Église, le service de la charité à l'égard des « petits ». Ce sont là trois grandes valeurs et exigences qui définissent le contenu de la formation spirituelle du candidat au sacerdoce.
Je vous donnerai des pasteurs (Pastores dabo vobis) §46.
Dimensions : spirituelle -


Furl
Yahoo
Googlize this
Facebook
Wikio
