Les candidats en année Notre-Dame du Chemin (ANDC) dont je fais partie étaient en retraite du 9 mai au 19 mai 2022 au centre spirituel de Manrèse à Clamart. Cette retraite de 10 jours s’appuie sur les exercices spirituels de saint Ignace de Loyola et fut prêchée par le père Laurent Gallois ainsi que la sœur Anne-Marie David.

Il est vrai que dix jours en silence, sans son téléphone et coupés de ses amis, de sa famille et du monde peuvent sembler une éternité, mais ce temps, c’est avant tout un moment de rencontre avec Dieu dans le silence pour se laisser éclairer par sa Parole. Ces dix jours étaient comme une marche sur les pas de Jésus-Christ à la lumière des Évangiles depuis sa naissance jusqu’à sa Passion, sa mort et sa Résurrection.

Les journées étaient rythmées chaque jour par quatre temps d'oraison et une rencontre quotidienne avec un accompagnateur spirituel tout au long de cette retraite, en sus de la Messe et de la liturgie des heures. La transition par rapport au rythme effréné du séminaire a été un vrai défi pour moi et il a fallu rapidement se réajuster afin de vivre au mieux cette retraite, dernier vrai temps fort pour l’année ANDC. « C’est dans le silence et le calme que nous pouvons entendre la voix du Seigneur. » disait le père Laurent Gallois lors d’une des rencontres.

Avançons un instant dans l’oraison ignatienne qui était le cœur de la retraite. Cette forme de prière était à la fois une méditation sur un passage de la Bible, mais également un moment pour se laisser toucher par une parole ou quelques versets qui pouvaient nous interpeller. Pendant ces dix jours, j’ai pu me rendre compte comment des lectures de la Bible pouvaient encore me parler, me questionner et me bousculer. Oui, vraiment la Parole de Dieu est encore active dans notre vie. Le point fort des oraisons, pour moi, reste le "colloque" : c’est ce temps final qui conclut la méditation et nous permet d’échanger dans un cœur à cœur avec le Seigneur.

L’oraison qui m’a le plus touchée durant cette retraite restera sans aucun doute le reniement de Pierre dans l’Évangile de saint Luc au chapitre 22. « Le Seigneur se retournant posa son regard sur Pierre. Alors Pierre se souvient de la parole que le Seigneur lui avait dite : "Avant que le coq chante aujourd’hui tu m’auras renié trois fois". Il sortit et, dehors, pleura amèrement » (Lc 22, 61-62). L’image de ce regard entre le Christ et Pierre est fort émouvante et témoigne à la fois de l'amour et de la miséricorde que le Seigneur a pour chacun d’entre nous.

À la fin de la retraite, nous étions invités à écrire une lettre au Seigneur sur ce que nous avions vécu durant ces dix jours. C’était l’occasion pour moi de faire une relecture sur ce que je vis actuellement et sur mon appel vocationnel. Ces mots que j’ai écrit au Seigneur, j’en suis sûr, m’accompagneront durant mon cheminement. Je repars de cette retraite convaincu de deux choses : le Seigneur m’aime et Il a un plan pour moi et chacun d’entre nous.

Vincent THOMAS - ANDC - Diocèse de Port-Louis, Ile Maurice

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