Diacre au service du peuple pour Dieu

Être ordonné diacre en vue d’être prêtre plus tard, c’est tout un programme... ou pas (rire), c’est surtout un long chemin sur les pas du Christ, car tout part de lui… Eh oui (sourire) car contrairement à ce que l’on pense, on ne naît pas prêtre mais on le devient par l’appel et la grâce de Dieu, et cela nécessite tout un cheminement intérieur et extérieur qui passe par une configuration au Christ serviteur, le diaconat, pour devenir plus tard un prêtre configuré au Christ Pasteur.

« Être prêtre au service de Dieu pour le peuple et au service du peuple pour Dieu ».

En voilà une phrase pleine de sens, car oui, un prêtre même s’il est un pasteur, un guide, est avant tout un homme classique, tout ce qui se fait de plus normal, qui a été appelé par le Christ pour être au service des âmes dont il a la garde. Et chaque prêtre a eu une vie avant d’entrer au séminaire.

Pourquoi une formation ? C’est simple : si le prêtre est quelqu’un qui répond à un appel, il doit aussi pouvoir aller vers le monde et apporter des réponses aux gens qui en demandent. Il n’est pas seulement un distributeur de sacrements mais aussi quelqu’un qui doit parler en étant poussé par l’Esprit, il ne doit donc pas répondre à la légère, mais après avoir mûrement réfléchi. Je suis persuadé que Dieu ne nous appelle pas malgré nos faiblesses, mais avec nos faiblesses, qui font partie de nous et doivent devenir des forces, par la grâce et l’amour de Dieu.

Après avoir grandi en cité et avoir été champion départemental de boxe puis de grappling, c’est vers mes 21 ans que la foi est revenue. Puis vers mes 26 ans je suis entré au séminaire. Pratiquant d’arts martiaux, animateur, bénévole à la Croix-Rouge et en couple, j’ai décidé de tout quitter pour me consacrer pleinement à l’appel de Dieu. Cet appel qui a été très long à discerner est maintenant clair, je ne regrette pas mes choix même si parfois je me sens nostalgique de ma vie d’avant.

En demandant le diaconat, je sais pertinemment que je ne suis ni ne serai un surhomme, ou un super chrétien. Je ne cherche pas non plus un titre honorifique ; je suis juste le Christ et réponds à son appel d’être prêtre au service de Dieu pour le peuple et au service du peuple pour Dieu, comme chacun de mes frères séminaristes, avec toute mon histoire, avec mes fragilités, avec mes limites. Je ne suis que Franck, un être ordinaire qui n’a rien fait d’extraordinaire (rire). Ce que je souhaite vivement c’est que mes relations avec toutes celles et ceux que je connais, et avec tous les autres, ne soient pas modifiées ou altérées.

Jésus en choisissant ses apôtres les a appelés dans leur condition humaine, là où ils étaient : ce n’était ni des stars, ni des gens remarqués. Il a suffi d’un appel : « Viens et suis-moi... avance au large... en eau profonde... jusqu’à perdre pied... n’aie pas peur ! »

Ce dont je suis convaincu, c’est de l’immense patience de Dieu car, par-delà tous mes atermoiements, II est toujours là, présent comme un ami qui m’encourage et me soutient. Plus la date se rapproche plus la sérénité m’envahit. Dieu est là, son appel se concrétise, que demander de mieux. Il est ressuscité et il me demande d’avancer vers lui, je ne pourrais pas être plus heureux.

C’est sur cette note positive que je vous laisse et vous souhaite une très bonne continuation dans ce que vous entreprenez. Je ne vous demanderai qu’une seule chose : Priez pour moi, si vous être croyant, pour que je sois un bon prêtre.

Franck Valadier

séminariste lors d'une étape du cheminement vers le sacerdoce