Anciens et arrivants nous témoignent de leur rentrée pour cette année 22-23.

Nouveauté de cette année ; les journées de rentrée étaient échelonnées.

Début septembre, rentrée au séminaire : on prend les mêmes et on recommence ! Une nouvelle année … sans nouveaux arrivants ? Quel drame ! Tel le magma qui cesse d’avancer, le séminaire risquerai lui aussi la sclérose, il perdrait le feu de la bonté fraternelle sans nouveaux visages qui s’aventurent fraichement sur ce chemin. Tel un instrument à vent, le séminaire a besoin chaque année d’un nouveau souffle pour jouait de manière toujours plus juste et harmonieuse la belle mélodie de la mission d’annoncer le Christ et de grandir en cheminant à sa suite.

Moi qui fais partie des anciens dans les murs du séminaire Notre-Dame de l’espérance, c’est toujours reboustant d’être déplacé par le fait d’accueillir de nouveaux frères. Voici un séminariste qui vient d’arriver, que je ne connais pas, qui ne me connait pas, qui a son caractère, son histoire, son itinéraire de foi bien à lui, et il va falloir qu’on chemine ensemble en apprenant à se connaître. Il va forcément me déstabiliser quelque peu … et c’est parfait ! Dieu parle à une église dans le livre de l’apocalypse en disant : « j’ai contre toi que le premier amour que tu avais pour moi, tu l’as abandonné. » (Ap 2,4). Grâce à ce nouveau frère qui me désarçonne quelque peu, moi qui pourrais être installé dans mes habitudes ou dans la routine de la formation, en un mot : je pourrais être grisé … mais lui, par sa nouveauté vient solliciter ma liberté. Son existence me contraint de puiser en mon cœur, au cœur de mon histoire et de mes débuts balbutiant au séminaire l’impulsion de « ce premier amour ». Ce magma qui n’a rien de gris. Ce souffle quelque peu adolescent, mais sain pour un arrivant. La présence du frère est un signal à ne pas considérer mon propre appel à vivre de mon baptême, et ma manière de servir comme un acquis, mais tel le charpentier de Nazareth, de rentrer dans l’établi de mon âme pour travailler, poncer, affiner, réajuster toujours mes dispositions intérieures.

Alors merci à chaque arrivant dans cette maison ! Début septembre ? On a pris surtout pas que les mêmes, et on continue de cheminer vers le Christ ! Toujours ardent dans son amour, les poumons toujours gonflés de se souffle vivifiant.

Ruben Hercent - 5e année - Diocèse d'Orléans

seminariste en 5e annee

Témoignage de Manuel, arrivé en septembre

Je suis Manuel ANNICETTE, j’ai 20 ans, je viens de la Guadeloupe et je suis actuellement en ANDC. C’est le dimanche 4 septembre 2022 que j’arrive au séminaire d’Orléans, il fait froid, j’ai mes deux imposantes valises avec moi et bientôt quatre escaliers à monter. Heureusement, j’ai mon frère Elius qui m’aide à monter mes bagages. Le soir même, il me fit visiter le centre-ville et nous assistions à une messe à la cathédrale, soirée clôturée par un bon plat chaud qu’il m’offre. Ensuite, en rentrant au séminaire je ne m’attendais pas à un tel accueil, j’eus l’impression d’être chez moi, attendu comme le frère qui était parti depuis trop longtemps. En effet, la fraternité et la charité qu’offrait cette maison m’ont marqué.

Mais rapidement les choses s’enchaînèrent, il fallait prendre ses marques, s’habituer aux offices et à l’eucharistie quotidiens, aux différents services de la maison, les réunions et autres séances méthodologiques puis les cours. Heureusement, il y avait ces temps entre frères, ou ces simples échanges de sourire qui disaient : je te comprends, je suis avec toi, continuons d’avancer ensemble. Il y eut entre autres les week-ends d’intégration, de cycle et de récollection permettant de resserrer les liens, d’approfondir son intimité avec le Christ, d’en apprendre plus des personnalités de chacun, par des promenades, des réunions fraternelles. Mais aussi des événements plus sportifs comme le paintball. Je retiens notamment mes coéquipiers qui se sont souciés de moi et qui m’aidèrent comme ils purent.

De plus, commencer mon apostolat dans un collège à Saint Marceau, fut pour moi une grande joie, voir ces jeunes se questionner sur la religion catholique, certains ayant la foi et d’autres non, me manifesta d’autant plus tout le travail que mes frères et moi avons à faire et ce pourquoi Dieu nous appelle.

Cependant, les moments les plus marquants restent ceux passés ensemble avec le Christ, dans la louange, l’adoration, l’eucharistie ou les échanges. Voir cette foi habiter en chacun de mes frères avec des notes, couleurs et sensibilités différentes, me préfigure un infime aperçu de la riche et belle diversité qu’il doit y avoir au Paradis.

Ainsi pour finir je dirai que cette rentrée fut pleine de surprises. Certaines meilleures que d’autres, mais ce qui est sûr c’est qu’en ce qui concerne la charité et la possibilité de grandir dans la foi, le service, dans son humanité à l’image du Christ et la connaissance de Dieu, c’est au-delà de mes espérances et je pense que les bonnes surprises ne sont pas près de se tarir.

Manuel Anicette - Année Notre Dame du Chemin (ANDC)

jeune en andc
seminaristes dans la chapelle