Le 11 mai prochain a été annoncé comme étant la date du début du déconfinement en France. L’occasion était trop belle, le séminaire a su s’en saisir : tout le monde rentre à la maison ! Un convoi de séminaristes, munis de dérogation pour déplacements professionnels en bonne et due forme, se pressera sur les routes en direction d’Orléans.

A partir du 11 mai donc, le séminaire rouvrira ses portes. Pour les fermer aussitôt, une fois les brebis en sécurité dans la bergerie. C’est que, vous ne le savez que trop bien, le loup « covid-19 » rôde encore. Toutes les mesures sont donc prises pour que, selon l’expression bien à propos, le loup ne puisse pas entrer dans la bergerie. Une fois de retour à Orléans, il n’y aura plus de retour en paroisse d’ici fin juin. Les déplacements hors du séminaire seront limités au strict minimum. Dans l’enceinte du séminaire les séminaristes seront transformés en assistants opératoires avec port de masque, gel hydroalcoolique à profusion et lavage régulier à la javel des rampes, sanitaires, poignées et autres lieux stratégiques. Nul doute que le séminaire n’aura jamais été, et ne sera jamais plus, aussi propre que ces jours-ci ! Un esprit sain(t) dans un séminaire sain(t), telle sera peut-être notre nouvelle devise ! La vie communautaire prendra ainsi une drôle de forme : deux mètres de distance entre chaque personne et dans chaque situation (en cours, à la chapelle, au réfectoire, etc.). Et cela au moins jusqu’au 25 mai. L’évolution des mesures dépendra de l’évolution au niveau national.

Mais n’allez pas croire que ces mesures ont été prises dans la précipitation ou relèvent d’une quelconque forme de psychose. Il s’agit là de mesures prises en concertation avec les autorités civiles du département et en ayant consulté les séminaires qui n’avaient pas fermé ainsi que les communautés religieuses du diocèse d’Orléans. Ce sont d’ailleurs fort aimablement ces mêmes communautés qui vont fournir le séminaire en masques en tissu, confectionnés par leurs soins.

Malgré ces mesures, la joie sera au rendez-vous. Il en faut plus pour qu’un séminariste soit abattu ! Quel plaisir de retrouver la réalité de chaque visage, chaque sourire et non plus à travers un écran. Et ce n’est pas un malheureux masque qui nous en empêchera ! Deux mètres est un gouffre que peut vite remplir la fraternité. Nous nous y attèlerons. Dieu soit béni pour notre jardin que l’on saura redécouvrir autour d’une menthe à l’eau ou autre boisson non prohibée. Les séminaristes ont fait preuve d’inventivité multiple durant le confinement, ils trouveront bien un moyen de fêter les retrouvailles malgré les distances imposées par la situation. Trinquer ? Les bras tendus sans se toucher, on doit bien être à deux mètres non ? Quoique pas tous…

Ah, j’allais oublier, les cours se poursuivront aussi. Hors de question de décréter une année blanche et de faire redoubler tout le monde ! Les examens auront donc bien lieu fin juin avant de repartir pour l’été dans des conditions encore inconnues pour tous.

Mais nous n’y sommes pas encore. Et d’ici là les brebis, réunies autour de leur Pasteur, guetteront l’ouverture de la porte qui finira bien par s’entrebâiller pour laisser entrer le soleil et laisser sortir des apôtres missionnaires. C’est cela l’Espérance non ?

Déconfinement, 3, 2, 1, …

Foucauld Pommier

seminairste en déconfinement