Une femme au conseil du séminaire !

En septembre 2019, j’ai rejoint l’équipe du conseil du séminaire, une manière nouvelle pour moi de vivre l’appartenance à l’ensemble de la communauté du séminaire et à l’Église. Concrètement, je partage davantage de l’intérieur ce qui fait la vie du séminaire, non seulement en participant au travail du conseil, mais également en partageant des temps de prière, des moments communautaires, des repas, ou encore à travers le suivi de quelques séminaristes en tutorat ou dans leurs insertions apostoliques. Certes, cela m’amène à « faire » des choses, mais ce qui prime et est source d’action de grâce, c’est cette richesse de découvrir de l’intérieur ce profond souci de l’accompagnement des séminaristes qui unit les membres du conseil, et chaque relation avec les séminaristes me donne une joie intérieure réelle.

Membre du conseil avec 6 prêtres, je me sens bien accueillie en tant que femme, mariée, mère de famille. Le conseil ayant cette mission d’accompagner le discernement de jeunes se questionnant sur un appel à la prêtrise, mon regard sur les séminaristes est forcément imprégné de l’expérience personnelle de ma vie familiale et professionnelle, confrontée au cœur de ma propre famille à tant de questions d’équilibre de vie, de morale familiale, sexuelle, sociale, de choix de vie de nos propres enfants, de richesses comme de fragilités, de questions de transmission de la foi, etc... C’est donc avec ce bagage-là bien concret et avec toute ma sensibilité féminine, que je suis au service du conseil.

Bien sûr que les prêtres sont les mieux placés pour former de futurs prêtres, mais pour autant pas seulement les prêtres ! C’est bien le souffle nouveau de la Ratio actuelle !

J’ose encore un parallèle avec mon expérience personnelle de parent : aurions-nous eu la même écoute, les mêmes réactions ou les mêmes positionnements vis-à-vis de nos enfants, si nos sensibilités différentes de père ou mère, plus ou moins affectives ou intuitives, plus ou moins cartésiennes, ne s’étaient pas laissées émonder en de nombreux domaines lors de confrontations de nos points de vue ? Combien de fois cette confrontation nous a permis, face à de grandes questions plus ou moins déroutantes, de trouver un éclairage complémentaire ? J’espère que ma présence dans le conseil avec ma sensibilité différente de celles des pères, avec nos états de vie différents, « célibat-mariage », « clerc-laïc », nos regards d’hommes ou de femme, contribuera à éclairer et élargir notre regard sur chacun, afin que nos sensibilités et météos personnelles ne s’imposent pas mais s’enrichissent mutuellement en vue du bien de chacun et de l’Église.

Pour conclure, je dirais que ma présence de femme au sein du conseil, voulue par la Ratio, n’est pas qu’une question de présence mais habite mes pensées et s’enracine dans ma prière, le tout dans une dimension fraternelle et simple. Je sens une vraie liberté de parole, une écoute de chacune de nos sensibilités, qu’elles soient plus réfléchies ou plus intuitives, plus cartésiennes ou plus empathiques, paroles de prêtres ou de femme et je m’intègre dans le conseil tout simplement avec ce que je suis humainement et spirituellement, recevant l’ouverture à la diversité dans le conseil comme une chance pour la formation des futurs prêtres.

Edith Bouilleau