L’espérance au séminaire

Le 25 mars dernier, en la solennité de l’Annonciation, le séminaire d’Orléans a reçu son nouveau nom : Séminaire Notre-Dame de l’Espérance, un beau nom dans cette époque troublée de l’Église.

C’est donc l’espérance qui va guider notre séminaire.
Tour d’horizon sur la manière dont nous vivons l’espérance au séminaire.
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L’espérance face à l’actualité

C’est parce que notre Église et notre société traversent une période fortement troublée que les évêques de la province ecclésiastique ont choisi d’appeler désormais le séminaire d’Orléans « Notre-Dame de l’Espérance ».

Magnifique vocable. L’espérance est toujours un défi à relever.

Depuis 2000 ans les chrétiens espèrent contre toute espérance, autrement dit « malgré tout ». Et ils le font, non pas en se contentant de lever les yeux ou les mains vers le ciel et d’attendre des jours meilleurs, mais en agissant concrètement afin que l’espérance prenne corps et visage, ici et maintenant. Cela suppose de faire face avec courage aux questions qui se posent en apportant sa part de réponses.

Depuis un certain temps les questions qui se posent à l’Église sont celles des scandales de pédophilie incessants et décourageants. Devant cette situation chacun doit prendre ses responsabilités. Le séminaire prend sa part en travaillant à la prévention : des sessions qui permettent une meilleure connaissance de soi, de ses capacités et de ses fragilités, sont proposées sous de multiples formes tout au long du parcours de formation, des temps de parole sont organisés en fonction des circonstances, des temps de formation psychologique et aux règles de bonne conduite vis-à-vis des enfants sont proposés, les séminaristes sont appelés à s’ouvrir en toute franchise à leur accompagnateur spirituel etc…

Oui, c’est en relevant très concrètement les défis qui se posent aujourd’hui à notre Église que le séminaire peut, à bon droit, porter son magnifique nom. Que Notre-Dame de l’Espérance nous y aide.

Père Benoit de Mascarel

Baptême Séminaire

Espérance et écologie : le label Église Verte au séminaire

Lorsque je discute avec la classe de 4ème que j’accompagne en activité apostolique, sur le sujet de l’écologie, leur réponse est assez claire : nous sommes peu à peu en train de détruire notre planète. Mais le simple fait d’en être conscient, et que les jeunes générations s’en soucient, est pour moi un facteur d’espérance. Il est bien fini le temps où l’on pouvait, sans trop de questionnement moral, se dire que les générations futures trouveraient bien des solutions, et qu’en attendant, autant consommer !

Mais j’essaye de ne pas en rester là avec les élèves, pour leur demander si eux pensent pouvoir faire quelque chose. Et c’est là que l’espérance a toute sa place. Oui, si nous nous y mettons chacun, à notre humble niveau, nous pouvons changer la donne. C’est le message du pape François dans son encyclique Laudato Si’. Et c’est ce que le séminaire essaye de faire.

Église Verte

Nous nous sommes en effet engagés dans le label Église Verte, une démarche qui se propose d’accompagner les communautés chrétiennes, les abbayes, les paroisses, dans le chemin de la conversion écologique. Si certains pans nous échappent, comme l’isolation de la maison, qui se fait progressivement néanmoins, d’autres sont à notre portée. Ainsi, l’accent est porté sur la prière pour la Création, sur le tri des déchets, et le recyclage.

À chacun de réduire son utilisation d’énergie, d’eau, de papier. Et l’équipe en charge d’Église Verte, dont je suis le responsable, est là pour essayer de mettre en mouvement chacun.

Évidemment c’est un chemin qui s’ouvre à nous, et nous n’en aurons jamais fini. Mais n’est-ce pas le rôle de l’espérance de nous guider sur cette route, avec la ferme confiance qu’à notre place, nous aurons tenu notre rôle ?

Beaudoin Massias

Espérance et liturgie pendant le carême

Dans la liturgie catholique, nous pouvons découvrir plusieurs moments d’espérance. La couleur liturgique qui symbolise l’espérance est le vert, que prêtres et diacres revêtent durant le temps ordinaire.

Dans le calendrier liturgique, un des moments d’espérance est le temps du carême. En effet, le temps du carême correspond à ces quarante jours que l’Église nous donne pour préparer notre cœur au temps du Triduum pascal. Pendant ce temps du carême, la couleur liturgique est le violet, qui symbolise l’attente et la pénitence. Durant ce temps de carême, une lueur d’espérance apparait au quatrième dimanche. Le prêtre revêt la couleur rose, qui est un mélange de violet et de blanc. Ce dimanche est le dimanche de la joie, puisque nous approchons à grand pas de Pâques et de la Résurrection de Jésus-Christ.

Au séminaire Notre Dame de l’Espérance, le temps du carême se voie dans la liturgie. Les fleurs de devant l’autel ont disparus pour laissé place à un désert représenté par des branches mortes, des pierres et du sable. Au centre de ce désert trône l’Espérance, la Parole de Dieu qu’est le Christ, symbolisé par la Bible ouverte, d’où jaillit la vie. Toutefois, cette liturgie n’est pas triste, puisque le désert est un lieu de marche, et que nous marchons vers Pâques, à l’image du Christ avançant vers Jérusalem. Des chants et de la musique continue de l’enrichir.

Bonne route à la suite du Christ, modèle de cette espérance.

Vincent Joyaux

L’espérance face à la prison

Baptême Séminaire

Dans mon « activité apostolique » de cette année, j’ai la chance de travailler avec l'association « L'espoir », qui permet l’accueil des familles et des amis des détenus de prison avant les parloirs.

Ma mission à « L'espoir » n'est pas d'entrer dans la prison, mais elle est bien de rester à l'entrée, entre la vie du dehors et la vie du dedans. « L'espoir » est une association laïque et donc elle n'a pas pour but premier d'évangéliser. Pourtant, je pense bien que ma présence ici est de l'évangélisation. Les proches, souvent des jeunes conjointes, arrivent très nerveuses, agressives, déboussolées, inquiètes, fermées… Ce n'est pas une salle d'attente comme les autres, alors notre mission est bien de donner un peu d'humanité à un lieu qui n'en porte pas beaucoup.

Parfois c'est à nous de faire le premier pas avec un café par exemple, puis nous attendons à côté d'eux dans cette démarche difficile de venir ici. Qu'on l'accepte ou non c'est un moment de rencontre entre détenus et proches donc de joie, mais également de douleur à cause du contexte : la peine du détenu, l'acceptation ou non de cette peine par la famille ou l’acceptation même de l'acte du détenu. Alors nos sourires, nos cafés, notre écoute accompagnent leur démarche. Nous sommes là aussi quand un parloir est refusé à la dernière minute, soit parce que le détenu n'a pas voulu venir, soit parce que le visiteur a « sonné » au contrôle de sécurité. Quel moment dramatique où nous essayons de sécher les larmes… sans juger le motif du refus d'entrée. Quand on me demande ce que je fais dans la vie nous parlons beaucoup sur la foi et la raison de vivre. Ce qui est sûr, c'est que ce lieu permet de se poser des questions existentielles, de porter bien plus que l’espoir, mais bien l’espérance.

Alexis Garel