Pour prier :
“ La parole du Seigneur lui fut adressée
au prophète Elie :
« Sors dans la montagne et tiens-toi devant le Seigneur, car il va passer. »
A
l'approche du Seigneur, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu'il fendait
les montagnes et brisait les rochers, mais le Seigneur n'était
pas dans l'ouragan ; et après l'ouragan, il y eut un tremblement de
terre, mais le Seigneur n'était pas dans le tremblement de terre ;
et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n'était
pas dans ce feu ; et après ce feu, le murmure d'une brise légère.
Aussitôt
qu'il l'entendit, Élie se couvrit le visage avec
son manteau, il sortit et se tint à l'entrée de la caverne.
Alors
il entendit une voix qui disait : « Que fais-tu là, Élie
? » ”
(1 Rois 19, 11-13)
Pour réfléchir :
- L’Esprit Saint parle dans « le murmure d’une brise légère » (1R 19, 12) La traduction la plus exacte serait : « le bruit d’un fin silence… » Quelle est la place du silence dans mes journées ? Y a-t-il un moment où radio, télévision, téléphone portable etc... sont débranchés, de telle sorte que je puisse être en mesure d’écouter la voix de Dieu ?
- M’arrive-t-il d’être aux prises avec la tempête des ‘pensées qui réfléchissent en moi en tout sens’ ? Comment est-ce que je retrouve alors le calme et la paix intérieure, plus de disponibilité à l’Esprit Saint ?
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On parle beaucoup, aujourd’hui, de "discernement spirituel". C’est presque devenu une mode. Je ne sais si ce sont les Jésuites qui l’ont lancée. Mais que veut dire vraiment “discerner” ?
Discerner, cela veut dire se mettre au diapason de l’Esprit, écouter
l’Esprit parler en nous pour le laisser nous révéler la
volonté de Dieu. Le discernement spirituel suppose une attitude d’ouverture,
d’attention ; il implique une écoute, un dépassement des
zones sensibles, affectives, rationnelles, logiques, pour atteindre le fin
fond de soi-même, où se tient l’Esprit. C’est là seulement
qu’un vrai discernement est possible.
Le discernement spirituel consiste d’abord à se placer
en face de la décision à prendre pour la considérer attentivement,
l’analyser, l’examiner sous toutes ses faces. Une fois tout cela
fait, il faut laisser de côté la décision et se reposer,
se détendre, prier, entrer au fond de soi pour permettre à son
esprit de rejoindre l’Esprit. A partir de là, il s’agit
de voir vers où penche la balance, dans quel sens opine le curseur,
lequel des deux plateaux l’emporte sur l’autre.
Si l’on décide quoi que ce soit, sans pénétrer dans cette zone profonde où parle l’Esprit, il n’y aura pas de discernement ”spirituel“, mais discernement simplement humain, fondé sur l’intelligence, la raison, la sensibilité, l’affectivité, ou… le caprice. Le discernement n’est spirituel que lorsqu’il se situe au niveau ultime où vit l’Esprit.
Une telle démarche aboutit normalement à la certitude : une certitude au-delà des raisonnements, des preuves, des arguments. On sait tout simplement que le choix qu’on a fait est le bon. C’est comme dans l’amour : on peut toujours essayer de justifier un amour en disant "J’aime cette jeune fille parce qu’elle est sympathique, cultivée, belle, généreuse, etc.". Mais finalement le choix se situe à un tout autre niveau : on aime parce que c’est elle, parce que c’est lui… On peut en dire autant d’une vocation religieuse.
Les arguments qu’on donne après coup pour justifier un choix ne vont pas au coeur de l’essentiel. On ne justifie pas une vocation, on ne justifie pas un amour. Un choix de vie ne se justifie pas, parce qu’il se joue au niveau de l’Esprit qui est au-delà de toute justification. C’est à ce même niveau que se situe la foi.
Par Henri Boulad
Article de la revue Vocations
Avec l'aimable autorisation de mavocation.org


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