Le Séminaire Interdiocésain d'Orléans, Blois, Bourges, Chartres, Nevers, Sens-Auxerre et Tours

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Une année "propédeutique" ?

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Au sens premier – étymologique – du terme, est qualifié de pro-pédeutique ce qui précède l’enseignement, la formation. En ce sens-là, les séminaires d’aînés ont joué cette fonction « propédeute Â» depuis longtemps, d’une autre manière que les années propédeutiques ouvertes au cours de ces dernières années, en différents lieux. D’ailleurs, si tous ceux qui entrent à la CNDC sont loin de la sphère des études, ils sont aussi, pour certains, bien loin des sentiers habituels de l’Eglise et de la vie chrétienne, ou seulement en contact personnel avec tel prêtre, religieux ou religieuse, ou encore tel laïc engagé dans la vie paroissiale. La tâche qui incombe aux formateurs est alors à la fois de permettre une remise à niveau intellectuelle et de poser ou de repréciser clairement quelques grands éléments fondamentaux de la vie chrétienne. La complémentarité de ces deux aspects est passionnante : remettre en route sur un chemin favorisant une plus grande croissance en humanité (en développant des aspects nouveaux de la personne, dont la dimension intellectuelle), mais aussi accompagner un approfondissement personnel et communautaire de la vie de foi, de la question d’un appel fort du Christ et de l’Eglise… et tout simplement d’une vie chrétienne.

Un vrai travail pro-pédeutique s’effectue tout au long de cette année : il s’agit bien d’amener le candidat à se préparer à entrer dans une formation qui n’est pas seulement intellectuelle mais aussi spirituelle, humaine et pastorale, en l’aidant à une certaine appropriation de sa vie. Or celle-ci n’a pas connu la sérénité des campus étudiants ou le confort des grandes écoles. Souvent, elle a été confrontée, très jeune, à une nécessaire maturation rapide face aux exigences de la vie et de la mobilité professionnelles, de la recherche de travail ou des écueils du chômage ou des petits boulots. En conséquence, la plupart du temps, cette maturation ne s’est pas faite très explicitement. Il faut alors apprendre peu à peu les mots pour dire les choses importantes. Ainsi, dès les débuts, les échanges et les réflexions entre membres de la CNDC et avec leurs formateurs aident à relire progressivement son existence. Les professeurs suscitent, à travers des exercices de grammaire, d’orthographe ou de lecture, des possibilités nouvelles d’écrire et de s’exprimer de manière plus précise et plus claire. Le travail de la pensée, à travers par exemple l’initiation à la philosophie, constitue aussi un travail d’avènement du sujet (comme diraient les philosophes !...). Plus simplement, l’acquisition ou la formulation de concepts aide à cette liberté intérieure qui permet d’appréhender plus aisément la complexité du réel.

Comme dans toute propédeutique, le candidat est aidé à prendre conscience de la nécessité de se construire intérieurement afin de faire la lumière sur son désir de devenir prêtre, plus profondément sur son attachement au Christ. Par rapport à d’autres propédeutiques, CNDC a sans doute comme coloration particulière d’avoir à faire découvrir que travailler sur la dimension intellectuelle n’est pas sans conséquence sur cette construction de la personne.

Ce travail intérieur par l’entrée dans une vie intellectuelle nouvelle se consolide aussi du fait de la présence de la Communauté Notre-Dame du Chemin au sein du Séminaire Interdiocésain. Cette présence permet la confrontation – heureuse – à d’autres qui, comme eux, ont entendu fortement l’appel du Seigneur et les précèdent sur le chemin de la formation, avec des engagements définitifs (diaconat) pour certains d’entre eux. Cela garantit une grande ouverture sur la vie de l’Eglise à travers la diversité des parcours qui leur sont offerts de découvrir et une première approche très concrète de ce qui est en jeu dans le chemin à parcourir quand on veut répondre à un appel. L’hypothèse d’entrer en 1er cycle pour commencer véritablement la formation demandée par l’Eglise pour devenir prêtre prend alors des contours très réels. Il ne reste alors plus qu’à se décider !

Le projet de la Communauté Notre-Dame du Chemin – qui s’inscrit dans la suite du Séminaire d’aînés de Vienne - d’accueillir des jeunes et moins jeunes, français ou étrangers, demeure bien une année de discernement et de mise à niveau intellectuelle et ne se confond pas avec d’autres formules mises en Å“uvre avant l’entrée au « grand séminaire Â». Cette situation – qui prend chaque année au séminaire une physionomie différente – conduit à mettre en Å“uvre une pédagogie plus large que la simple mise à niveau en français et l’apprentissage de méthodes. Elle passe par la mise en place de fondations humaines et chrétiennes nécessaires pour faciliter le discernement et préparer à une éventuelle entrée dans un cycle de formation vers le ministère presbytéral. En ce sens, l’ex-« séminaire d’aînés Â» à Orléans participe aussi à l’effort mené de manières différentes ces dernières années en France de « préparation propédeutique  Â» à l’entrée au séminaire.