Accueillir la diversité des personnes dans un parcours commun de formation
Envoyées par un diocèse ou par une congrégation, la Communauté Notre-Dame du Chemin accueille une très grande diversité de personnes. Agés de 19 à 43 ans, certains sont donc plus jeunes que leurs frères du grand séminaire. L’appellation séminaire… « d’aînés » ne correspond plus qu’en partie à la réalité vécue depuis cinq ans à Orléans !
Ils ont été cuisinier, serveur, manutentionnaire, camionneur ou légionnaire… Ils sont venus des quatre coins de France mais aussi d’Haïti ou du Viêt-Nam pour poursuivre l’apprentissage du français et s’initier à la culture européenne.
Leur connaissance de l’Eglise est diverse : du recommençant au jeune vietnamien issu d’une famille chrétienne depuis 14 générations, du nouveau converti à celui qui est passé – sans succès – dans maintes communautés religieuses, du membre d’une communauté nouvelle à l’animateur de servants d’autel, de celui qui ne sait pas même le nom de son évêque au jeune très en lien avec son SDV, du séminariste haïtien arrivé cinq jours avant la rentrée dans son diocèse d’accueil à celui que les déménagements ont fait sillonner l’Eglise de France…
Enraciné dans sa terre depuis toujours, l’un veut y être prêtre diocésain… Un autre, déraciné par les événements mais habité par l’appel du Seigneur, cherche sa voie depuis de nombreuses années… Venant d’Asie où un quota limite le nombre des séminaristes, il vient servir en France comme prêtre pour quelques années, attendant des temps meilleurs… Habité par une question encore vague, il cherche sa voie : vie religieuse, vie diocésaine, vie missionnaire… La Communauté Notre Dame du Chemin laisse grand ouverte la porte, dans les deux sens !
Bien sûr, cette diversité n’est pas l’apanage du seul séminaire d’aînés. Mais l’éloignement qui leur est commun de l’univers des études rend encore plus visible et forte l’hétérogénéité humaine, sociale, ecclésiale que tout formateur doit accueillir à nouveau chaque année.
L’équipe animatrice s’efforce d’accueillir cette grande diversité, en sachant que sa mission, confiée par les évêques, est d’abord de préparer les uns et les autres aux exigences – intellectuelles, mais pas seulement - d’un parcours de formation. Découvrir à 30 ans (ou plus) la vie commune après une douzaine d’années professionnelles et une vie matérielle déjà bien organisée, n’a rien d’évident. S’ouvrir à la géographie et à l’histoire par des cours, des visites de musées… ou déjà par le dépaysement de la vallée de la Loire n’est pas toujours du goût de tous. Etre obligé de nouveau de faire des dictées, d’apprendre les conjugaisons et l’orthographe exige une bonne dose d’humilité… et un peu d’humour aussi ! Après avoir perdu le contact avec les études ou avoir connu un parcours chaotique en ce domaine, chacun est invité à (re)trouver une dynamique d’ensemble de formation. L’avenir en dépend.

CNDC et Communauté Saint Aignan : un enrichissement mutuel
C’est pourquoi les responsables du séminaire ont eu la judicieuse idée de leur donner un parrain parmi les séminaristes. Patiemment, chacun d’eux a répondu à leurs questions pour leur permettre de s’adapter aux rythmes de la maison et de se situer au sein de la communauté du séminaire. Malgré les différences d’âges et d’expériences, une famille commençait à grandir.
Comme dans toute famille, il faut apprendre à se connaître pour s’apprivoiser. Chaque personne est unique. Et c’est donc avec beaucoup de respect et de délicatesse que les membres de la communauté ont été accueillis.
Dès le début, chacun a été mis à contribution. Que se soit dans les services communautaires (ménage, service vaisselle, animation, jardin…) comme pour les moments de détente (sport, sortie communautaire). Beaucoup de concessions ont été faites de part et d’autre. Elles font partie de la formation.
Réciproquement, la joie, la spontanéité des membres de Notre-Dame-du-Chemin aident les séminaristes à vivre leur foi avec plus de souplesse et de simplicité. Leur détermination et leur courage face aux études proposées leur montrent la voie de l’exigence qu’eux-mêmes doivent avoir pour rendre compte de leur foi.
De par leur expérience dans le monde du travail, les membres de la communauté apportent une richesse et une ouverture d’esprit plus large. Certes, certains séminaristes préfèreraient peut-être vivre avec des personnes qui pensent, agissent et vivent comme eux. Mais cette différence finit par faire l’unanimité et se révèle très riche et constructive pour chacun.
La Communauté Notre-Dame-du-Chemin apporte chaque année aux séminaristes les qualités de chacun de ses membres qui prennent une année avant de rentrer au séminaire. Qualité de la pertinence du questionnement au sujet de l’engagement de leur personne au service de l’Eglise, qualité de la vie en commun dans les équipes de service et de liturgie qui jalonnent le rythme de la vie du séminaire, qualité, enfin, des conversions de chacun durant l’année. En ce sens, les membres de cette Communauté font honneur à son patronyme : Notre-Dame-du-Chemin ! Leur cheminement rappelle aux séminaristes que, eux aussi, doivent continuer à se convertir indépendamment de leur ancienneté.
Depuis 2003, diverses promotions sont venues rejoindre la Communauté St Aignan à Orléans, les membres ayant vécu cette année de consolidation de leurs connaissances et de leurs méthodes de travail, apportent un soutien précieux pour les séminaristes : soutien, car le séminariste prend part à l’éveil du désir des membres de cette Communauté de pouvoir vivre un jour au Grand Séminaire. Soutien encore, car les membres de cette Communauté entrent dans une démarche spirituelle qui leur est propre, mais qu’ils partagent avec les séminaristes en portant les intentions de l’Eglise.


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