Le Séminaire Interdiocésain d'Orléans, Blois, Bourges, Chartres, Nevers, Sens-Auxerre et Tours

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Temps pascal : temps de la Révélation

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Le temps pascal est par excellence le temps de la plénitude de la Révélation divine. Le Christ Jésus, ressuscité d’entre les morts, se manifeste avec éclat et splendeur. Il nous permet de nous débarrasser de nos vieilles tentations de construire notre Dieu tel que nous voudrions qu’il soit, sorte de Dieu crée à l’image et à la ressemblance de l’homme, tentation anthropomorphique !

Le temps pascal est aussi le temps de la communauté chrétienne. La lecture du livre des Actes des Apôtres nous rappelle la dimension hautement communautaire de la foi chrétienne.
Ainsi ma vie spirituelle doit certes se développer dans une relation personnelle avec Dieu, mais non point unilatérale. Car tout autant est-il vrai que Dieu se révèle dans sa Parole, tout autant est-il vrai qu’Il se révèle aussi dans mon frère, dans mon prochain, dans la communauté des croyants, dans l’Eglise à travers le Magistère et la Tradition.

Par conséquent, on le voit, il y a dans la Révélation divine de multiples voies où Dieu se communique, preuve s’il en était besoin, qu’on ne met pas la main sur Dieu jusque et y compris dans les canaux qu’Il utilise pour se révéler.

Je crois que la manière d’appréhender sa vocation constitue la même démarche que celle de croire et de comprendre la Révélation chrétienne.
Dans un premier temps j’ai la possession de ma vocation, je veux la décrire et l’analyser, la conduire là ou je veux qu’elle aille, mettre la main dessus finalement : elle m’est personnelle et elle ne regarde, selon moi, que Dieu et moi.
Puis vient le temps des découvertes. Celle de l’Eglise, celle du diocèse, de la paroisse, des diverses communautés qui constituent mon environnement et où je suis à l’aise et en sécurité.
Ensuite vient le temps de l’apprentissage des différences : d’autres courants, d’autres mouvements et spiritualités vivent dans l’Eglise sans que je les comprenne immédiatement. C’est alors que je prends conscience de ce qui rassemble toutes ces communautés : le Christ qui nourrit les foules autour de sa Parole et de son Eucharistie.
Vient enfin le temps de l’envoi par l’Eglise vers les autres : la communauté du séminaire, une paroisse, un groupe de jeunes, des frères et soeurs… C’est ici que je perçois la grandeur de la foi de mon prochain, sa confiance dans le Christ, les fruits qu’il porte, parfois même grâce à moi !
J’entre finalement dans le temps de la dépossession. Dépossession de sa vocation, qui n’est plus uniquement ni même principalement mienne, mais qui est celle que l’Eglise reçoit et accompagne, dépossession de soi aussi, en essayant de laisser Dieu agir en moi… Tout cela prend du temps et à vrai dire dépasse largement les cinquante jours du temps pascal. C’est sans doute le temps de toute une vie, en somme le temps de Dieu…

Thibault Bruère
séminariste du diocèse de Tours