Après les vacances de la Toussaint, le temps de la rentrée est terminé. Les nouveaux séminaristes ont pris peu à peu leurs habitudes dans la maison. Les anciens commencent à s’adapter aux changements produits par les nouveaux venus… Les cours prennent leur rythme de croisière et les polycopiés commencent à abonder comme les feuilles en automne. La rédaction des dissertations suscite quelques angoisses nouvelles devant la page blanche mais également la joie d’entrer dans une réflexion personnelle plus approfondie. Les diacres – un pied déjà en dehors du Séminaire ! – apprécient d’aller à Paris suivre chaque semaine un cours à l’Institut Catholique de Paris. Enfin l’équipe animatrice prend la mesure de cette communauté, chaque année nouvelle, au cloître Saint-Aignan.
Une telle description, plutôt sereine et tranquille, n’est cependant qu’un pâle reflet de ce qui se vit en profondeur. Rythmé par les temps de prière, les cours, la vie pastorale, les activités diverses de la vie commune, le quotidien du séminaire apparaît vite comme un temps où il faut tenir bon. Rapidement les uns et les autres découvrent ou reprennent le chemin d’une formation qui passe, au jour le jour, par des renoncements, par la difficile quête d’une liberté intérieure, par la recherche d’une plus grande cohérence…
Répondre à l’appel du Christ, devenir disciples et se préparer à la vie apostolique s’inscrit parfois dans de brutales conversions mais, le plus souvent, se forge dans ce travail personnel et communautaire de laisser l’Esprit agir en nous. Temps et lieu ordinaires de nos vies, le quotidien nous est donné, semaines après semaines, pour oser ce combat spirituel où la construction de l’homme nouveau est à faire. Simple routine si le combat n’est pas mené, mais véritable aventure s’il est accepté, le temps ordinaire surprend, interroge et dérange...
Père Luc Crépy, eudiste
Supérieur du Séminaire interdiocésain d’Orléans


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