Dès la première année du Séminaire, l’Ecriture Sainte tient une place centrale dans la formation d’un séminariste : pendant six années il va se laisser « pétrir » par la Parole de Dieu, de telle manière qu’elle puisse « passer à travers lui »… Quel meilleur moyen de se préparer à annoncer, transmettre, servir cette Parole comme pasteur du peuple de Dieu, sinon chercher à en vivre dès maintenant, et toujours plus profondément ?
Dans ce but, l’étude de l’Ecriture Sainte permet aux séminaristes de s'ouvrir à la Révélation divine, de l'accueillir et de la comprendre conformément à la foi de l'Église. Par ce travail – laborieux certains jours, mais si fructueux ! – ils saisissent mieux la manière dont elle a été transmise et ce qu’elle signifie. Progressivement, ils prennent conscience que l’histoire sainte qui nous est transmise dans la Bible n'est pas seulement l'histoire des Juifs mais qu’elle est notre histoire : c'est l'histoire de chaque homme qui veut vivre en communion avec Dieu, c'est ma propre histoire. Alors l’étude de l’Ecriture Sainte m’amène à lire réellement la Bible comme « Parole de Dieu », c'est-à -dire en instaurant un dialogue personnel avec Dieu : un « je » et un « tu ».
Ce dialogue se noue dans la prière personnelle, à travers une lecture continue et méditée de la Bible, que la Tradition de l’Eglise appelle lectio divina. En nous « immergeant » ainsi dans la Parole de Dieu, celle-ci vient nous saisir, nous construire, éclairer notre vie et les événements du monde d’un nouveau jour.
Cette écoute de la Parole de Dieu se vit aussi de façon communautaire, en particulier au moment de la prière liturgique du matin et du soir, célébrée en commun, et surtout dans l’eucharistie vécue quotidiennement. Là est le lieu par excellence où se vit et se noue notre communion fraternelle, prémices de l’unité du presbyterium autour de son évêque…
Tout l’enjeu de fonder ainsi notre vie sur la Parole de Dieu, c’est de nous rendre capable d’en devenir les témoins, c’est-à -dire de prononcer la Parole de Dieu par notre vie et d’être au service de cette Parole pour le monde, comme une Parole qui libère, qui recrée et qui sauve le monde. « L'Esprit du Seigneur... m'a consacré par l'onction, pour porter aux pauvres la Bonne Nouvelle » (Lc 4,18).
Le prêtre est avant tout ministre de la Parole de Dieu. Il est consacré et envoyé pour annoncer à tous l'Évangile du Royaume (…)
C'est pourquoi le prêtre lui-même doit tout d'abord acquérir une grande familiarité personnelle avec la Parole de Dieu (…) Il lui faut accueillir la Parole avec un cœur docile et priant, pour qu'elle pénètre à fond dans ses pensées et ses sentiments et engendre en lui un esprit nouveau, « la pensée du Seigneur » (1 Co 2,16). Ainsi, ses paroles et plus encore ses choix et ses attitudes seront toujours plus transparents à l'Évangile, l'annonceront et en rendront témoignage. (…)
De cette Parole, il n'est pas maître: il en est le serviteur. De cette Parole, il n'est pas l'unique possesseur: il en est le débiteur à l'égard du peuple de Dieu. C'est justement parce qu'il évangélise, et pour qu'il puisse évangéliser, que le prêtre, comme l'Église, doit prendre de plus en plus conscience du besoin permanent qu'il a d'être évangélisé. Il annonce la Parole, en sa qualité de « ministre », il participe à l'autorité prophétique du Christ et de l'Église.
Jean-Paul II - Je vous donnerai des pasteurs (Pastores dabo vobis) § 26
Dimensions : spirituelle - intellectuelle -


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