La période qui suit l’entrée au séminaire est une période de vraie joie et parfois même de soulagement, car un choix a été posé, souvent après un bon temps de discernement et de réflexion. Ce n’est pourtant que le début d’une aventure spirituelle… qui conduira les séminaristes jusqu’à ce « oui » d’hommes libres au jour de leur ordination.
Que se passe-t-il au cours de ces six années de séminaire ? C’est un temps très important où ils vont vivre en communauté, avec une même question : « comment dois-je donner ma vie au Seigneur ? » et un chemin personnel à accomplir. Ce qui les rassemble, c’est le désir d’être prêtres, de consacrer leur vie à Dieu et au service de leurs frères parce qu’un jour le Christ les a saisis. Ils ont entendu cet appel de Jésus : Je vous appelle mes amis (Jn 15, 15) et ils désirent vivre cette amitié au plus profond d’eux-mêmes, aller jusqu’au bout de l’amitié avec le Christ.
On peut parler d’une « aventure spirituelle », au sens où le séminaire est le lieu de croissance de cette amitié et de la liberté dans toutes ses dimensions : on voit jaillir la liberté face au Christ ! La liberté, d’abord d’un point de vue humain, de celui qui sera capable au moment de son ordination de dire « oui » avec tout ce qu’il est, avec toute son histoire, connaissant à la fois les grâces que le Seigneur lui a faites, mais aussi ses limites et en les acceptant. Et cette liberté spirituelle qui est la capacité de se donner, en croyant que c’est le Christ qui va agir à travers nous, et que s’il nous a appelés, on peut lui faire confiance.
Il est étonnant de voir comment un séminariste peut mûrir tout au long de ces années. Cette maturation suppose de nombreux « passages » à opérer, comme par exemple la question de la dignité : « Est-ce que je suis digne de devenir prêtre ou pas ? Et pourquoi moi ? » Il pourra faire le pas quand il comprendra qu’il n’est vraiment pas digne et que sa vocation est un pur cadeau de Dieu. C’est justement ce « passage » qui lui permettra d’être un pasteur à l’écoute car il sait que cette force ne viendra pas de lui mais de Dieu. Voilà le principal « combat spirituel » à mener au séminaire : accepter de s’abandonner à la Providence divine. Accepter d’être soi-même sous le regard de Dieu et l’accepter avec ses propres faiblesses et ses propres forces.
Dans cette aventure spirituelle, la place de la relation aux autres, qui sont là et sont formés en même temps que moi, est importante. On ne peut pas être formé prêtre tout seul, car c’est grâce aux autres et grâce à leur présence que le chemin vers la sainteté n’est pas « rêvé » mais qu’il est vérifié au concret. Les études au séminaire participent également à cette transformation intérieure de toute la personne. Par exemple, réfléchir à la question du salut, c’est découvrir à une profondeur qu’on n’avait pas soupçonnée que nous sommes d’abord sauvés par le Christ et que c’est cela qui nous permet d’avancer. Cela bouleverse la vie spirituelle, et cela donne envie d’étudier !
L’aventure spirituelle au séminaire est finalement un chemin offert à chacun pour que se déploient les grâces que nous avons reçues, celles que le Seigneur nous a données, et qui correspondent à des besoins de l’Eglise d’aujourd’hui mais aussi de demain.
Vivre au séminaire, école d’Évangile, veut dire vivre à la suite du Christ comme les Apôtres, se laisser initier par lui au service du Père et des hommes, sous la conduite de l’Esprit-Saint, et se laisser configurer au Christ Bon Pasteur pour un meilleur service sacerdotal dans l’Église et dans le monde.
Se former au sacerdoce signifie s’entraîner à donner une réponse personnelle à la question fondamentale du Christ : « M’aimes-tu ? » La réponse, pour le futur prêtre, ne peut être que le don total de sa vie.
Jean-Paul II - Je vous donnerai des pasteurs (Pastores dabo vobis) § 42
Dimensions : spirituelle -
Diocèses : Chartres - Orléans -


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