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La dimension sponsale du corps et la configuration au Christ Epoux

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Concile Vatican II, Gaudium et Spes §24.3

« Cette ressemblance [avec l’union des Personnes de la trinité] montre bien que l’homme, seule créature sur terre que Dieu a voulue pour elle-même, ne peut se trouver pleinement que par le don désintéressé de lui-même. Â»


Jean-Paul II, extraits des catéchèses sur l’amour conjugal (1979-1980) [1]

« Le corps, qui exprime la féminité "pour" la masculinité et, vice-versa, la masculinité "pour" la féminité, manifeste la réciprocité et la communion des personnes. Il l'exprime dans le don comme caractéristique fondamentale de l'existence personnelle. Voici ce qu'est le corps : un témoin de la création en tant que don fondamental, donc un témoin de l'Amour comme source dont est né le fait même de donner. La masculinité-féminité - c'est-à-dire le sexe - est le signe originel d'une donation créatrice d'une prise de conscience de la part de l'être humain - homme-femme - d'un don vécu, pour ainsi dire, de la manière originelle. C'est avec cette signification-là que le sexe prend place dans la théologie du corps. Â» [2]

« Le corps humain avec son sexe, sa masculinité et sa féminité, vu dans le mystère même de la création est non seulement une source de fécondité et de procréation, comme dans tout l'ordre naturel, mais il comprend dès "l'origine" l'attribut sponsal, c'est-à-dire la faculté d'exprimer l'amour : précisément cet amour dans lequel l'homme-personne devient don et - par ce don - réalise le sens même de son "être" et son "exister". Rappelons-nous ici le texte du dernier Concile où il est déclaré que l'homme est, dans le monde visible, « l'unique créature que Dieu a voulue pour elle-même", ajoutant que cet homme "ne peut pleinement se trouver que par le don désintéressé de lui-même Â»

Cette signification "sponsale" du corps humain ne peut se comprendre, uniquement, que dans le contexte de la personne. Le corps a une signification "sponsale" parce que l'homme- personne, comme dit le Concile, est une créature que Dieu a voulue "pour elle-même" et qui, par conséquent, ne peut se trouver complètement que par le don d'elle-même.

Si le Christ a révélé à l'homme et à la femme, au-delà de la vocation au mariage, une autre vocation - celle de renoncer au mariage en vue du Royaume des cieux - il a, par cette vocation, mis en relief la même vérité au sujet de la personne humaine. Si un homme et une femme sont capables de faire don de soi pour le Royaume des cieux, ceci prouve à son tour (et peut-être encore plus) ce qu'est la liberté du corps humain. Cela veut dire que ce corps possède une pleine signification "sponsale". Â» [3]




Jean-Paul II Pastores Dabo Vobis. 1992. Extraits § 29

Dans la virginité et le célibat, la chasteté maintient sa signification fondamentale, c'est-à-dire celle d'une sexualité humaine vécue comme authentique manifestation et précieux service de l'amour de communion et de donation interpersonnelle. Cette signification subsiste pleinement dans la virginité qui, même dans le renoncement au mariage, réalise la « signification sponsale Â» du corps, moyennant une communion et une donation personnelle à Jésus Christ et à son Église; cette communion et cette donation préfigurent et anticipent la communion et la donation parfaites et définitives de l'au-delà : « Dans la virginité, l'homme est en attente, même dans son corps, des noces eschatologiques du Christ avec l'Église, et il se donne entièrement à l'Église dans l'espérance que le Christ se donnera à elle dans la pleine vérité de la vie éternelle» (Familiaris Consortio §16). [...]

Il est particulièrement important que le prêtre comprenne la motivation théologique de la loi ecclésiastique sur le célibat. En tant que loi, elle exprime la volonté de l'Église, même avant que le sujet exprime sa volonté d'y être disponible. Mais la volonté de l'Église trouve sa dernière motivation dans le lien du célibat avec l'Ordination sacrée, qui configure le prêtre à Jésus Christ Tête et Époux de l'Église. L'Église, comme Épouse de Jésus Christ veut être aimée par le prêtre de la manière totale et exclusive avec laquelle Jésus Christ Tête et Époux l'a aimée. Le célibat sacerdotal alors, est don de soi dans et avec le Christ à son Église, et il exprime le service rendu par le prêtre à l'Église dans et avec le Seigneur. [...]



 

[1] Jean-Paul II, Homme et femme, Il les créa. Une spiritualité du corps. Paris, Cerf, 2004.
[2] Jean-Paul II, Catéchèse du 09 10 1980.
[3] Jean-Paul II, Catéchèse du 16 10 1980



Dimensions : humaine -