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Pour le diocèse de Bourges : Sébastien Durand

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Repères...

Sébastien Durand
  • né en mars 1978 à Palaiseau (91)
  • Etudes : école de chimie de Toulouse en tant qu'élève-ingénieur
  • 2001 à 2007 : Séminariste pour le diocèse de Bourges au séminaire d'Orléans (insertion pastorale sur la paroisse de Ste Jeanne-Elisabeth du Blanc)
    2006 : ordonné diacre le 17 juin
  • 22 juin 2008 : ordonné prêtre à la cathédrale de Bourges

Sébastien Durand est né en mars 1978 à Palaiseau (91). Elevé au sein d'une famille pratiquante de cinq enfants, il a vécu son enfance et son adolescence en région parisienne et dans le Cher pendant les vacances. De longues années au service de la liturgie, en tant que servant de messe, il découvre petit à petit sa vocation au service du Christ et des autres. Un appel qu'il a gardé en lui pendant près de dix ans et qu'il a fait mûrir par diverses expériences dans la vie d'Eglise et dans la vie pré-professionelle.
De 1997 à 2001, Sébastien Durand suit les cours de l'école de chimie de Toulouse en tant qu'élève-ingénieur. Parallèlement, ses parents s'installent définitivement à Nérondes (18) dans leur maison de vacances. Sébastien Durand découvre ainsi plus amplement la vie du diocèse. Avant de chercher du travail, il devient animateur d'aumônerie auprès des jeunes de sa paroisse.
Rentré au séminaire en 2001, Sébastien Durand découvre le week-end la vie de la paroisse Ste Jeanne-Elisabeth du Blanc. C'est dans la paroisse Saint-Gildas de Châteauroux qu'il vit son insertion de futur prêtre.

 

“L’Evangile que nous venons d’entendre s’adresse à tous les fidèles de l’Eglise universelle, mais il s’adresse très explicitement au groupe des douze apôtres, il prend un relief particulier un jour d’ordination presbytérale. Jésus parle aux apôtres, ses consignes qualifient leur vie apostolique.

Dans ce court évangile, Jésus utilise le verbe : craindre, ne pas craindre : « Ne craignez pas les hommes. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps. Craignez plutôt ceux qui font périr l’âme ».

Les consignes concernent l’attitude personnelle de l’apôtre dans sa vie d’apôtre face aux événements, aux rencontres, aux épreuves ; elles rejoignent aussi plus collectivement nos communautés chrétiennes et peut-être l’humanité, notre société audelà des frontières de l’Eglise : que craignons-nous ? Quelles sont les peurs qui nous habitent, qui nous paralysent, qui nous mobilisent, qui nous font réagir ? Jésus nous dit : l’apôtre ne craint pas mais, en même temps, il nous indique ce que nous devrions craindre et que peut-être nous ne craignons pas, et qui nous menace : l’inconscience devant le danger qui menace l’âme plus encore que le corps.

Ce qui peut dissiper les peurs, un peu comme le soleil dissipe la brume, c’est la manifestation de la vérité, c’est la transparence, c’est le grand jour, c’est la connaissance, c’est la proclamation. Voilà le chemin de vérité sur lequel se fonde un exercice serein de l’apostolat et du service des communautés et, probablement, de l’humanité tout court. Ainsi rejoignons-nous ce message premier, fondateur, du Ressuscité au matin de Pâques : « N’ayez pas peur, la Paix soit avec vous ! ». Les ressuscités que nous sommes par notre baptême sont habités par cette paix ressuscitante qui nous vient d’ailleurs comme don que Dieu lui-même fait à ceux qu’il envoie.

J’espère, Sébastien, qu’en ce jour unique de votre existence, ces paroles du Seigneur pour tout apôtre s’accomplissent en vous. C’est que probablement autour de vous, certains vous admirent : s’engager aujourd’hui définitivement dans l’apostolat, avec quelles garanties... mais est-ce bien raisonnable ? Que d’incertitudes face à l’avenir, aux évolutions irréversibles en cours à la fois dans la société et dans l’Eglise. Bien sûr que ce n’est pas raisonnable mais la foi n’a-t-elle pas toujours permis de relever des défis insensés, qui dépassaient ce qui était jugé raisonnable à diverses époques ? La sainteté n’est-elle pas une dimension autre qui transcende les limites de notre raison sans la renier ? Cela s’est vérifié tout au long de notre histoire.

Je ne voudrais pas lancer les grands noms connus - Abbé Pierre, Mère Teresa, Edit Stein, - mais si nous regardons bien, il y a tout près de nous tant de témoignages de vie humble habitée par une sainteté anonyme qui illustrent le souffle apostolique initié par Jésus lui-même !

Sébastien, vous avez comme soutien cette parole du Christ, signe de cette relation particulière qui vous branche sur la personne du Christ, vous avez la relation avec vos frères prêtres, vous entrez dans un corps de prêtres, le presbyterium, source d’une vraie vie fraternelle partagée, vous venez avec votre histoire, votre personnalité, vos qualités, peut-être des limites aussi. Merci, mais il n’y a pas de modèle unique de prêtres : notre ministère s’exerce toujours humblement, nous ne sommes pas des vedettes, la séduction n’a pas sa place dans l’apostolat, toute forme d’emprise, de pouvoir sur des consciences, est contraire à l’appel du Christ.

Vous ressentirez aussi ce lien fort qui va vous attacher à une communauté de fidèles où vous pourrez exercer la charité pastorale, vous pourrez sentir la grande confiance qui nous est faite, qui nous fera vivre et qui nous donnera des raisons de vivre. Il est vrai, en effet, que les prêtres ne sont plus des notables dans notre société mais toute leur vie est polarisée sur l’apostolat qui les habite de l’intérieur au point que l’on ne peut séparer vie personnelle d’un côté et vie ministérielle de l’autre. Il n’y a pas un moment où l’on est prêtre et un autre où on ne l’est plus, un peu comme dans une famille où on distingue vie professionnelle et vie familiale. Dans le cas du prêtre, cela rend particulière la recherche d’un équilibre de vie, du repos, de la santé et d’une vie spirituelle unifiée.

La dernière partie de cet évangile nous indique où est la source de notre confiance et de notre paix à toute épreuve : c’est que Dieu est un Père pour nous qui veille sur nous de manière indéfectible, c’est un Dieu qui est avec l’homme, « Emmanuel », non pas un rival ou adversaire et surveillant mais comme Allié, un Dieu de l’Alliance : c’est la source de notre confiance, de notre foi. Si les petits oiseaux, si les cheveux font l’objet de l’attention de Dieu, combien plus chacun de nous dans sa particularité ! N’est-ce pas le sens premier du baptême ? Dieu nous regarde, nous considère, nous donne un nom. Nous comptons pour lui non pas à cause de nos talents, de nos qualités mais parce que nous existons.

Le message garde une grande actualité même dans notre société où tant de personnes souffrent de l’isolement, de solitude, de dépression, de non-considération. L’Eglise est cette communauté qui redit pour elle-même en son sein et pour notre société que chacun compte, est important, mérite d’être protégé quand il est menacé, faible, handicapé, sur le déclin de sa vie ou non encore né. Les organismes caritatifs nous le redisent au nom de l’Eglise. C’est un véritable service rendu à notre société. Le prêtre, dans ce contexte, témoigne que c’est au nom de Dieu que s’accomplit ce service : il rassemble la communauté et la sert au nom de Dieu dans un ministère. Il l’accomplit aussi dans un ministère de discernement, dans l’accompagnement spirituel des personnes ou des groupes pour y repérer les signes que nous fait le Dieu de l’alliance dans notre histoire.

Homélie de Mgr Armand MAILLARD, Archevêque de Bourges
Cérémonie d'ordination le 22 juin 2008 à la cathédrale de Bourges