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Témoignage : Loïc, diacre du diocèse de Bourges

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A l’aube de cette nouvelle rentrée, qui sera la dernière, ce petit témoignage pourra servir de première relecture de ce qui me fut donné de vivre durant mes années de formation au sacerdoce. Je dis bien première dans la mesure où j’imagine qu’elle sera suivie de bien d’autres.

La première réflexion qui me vient à l’esprit, c’est que ces six années de formation permettent une progressivité très saine. Je m’explique.

On dit parfois dans les maisons de formation qu’il n’est pas bon signe d’avoir une vocation de séminariste. Est-ce à dire qu’il faut s’ennuyer pendant les six ans de séminaire pour être un bon prêtre ? Dieu merci non. Cependant, l’approche de la sortie, les expériences en paroisse amènent à avoir une prise de recul par rapport à sa place dans la communauté que forment les séminaristes.

Plus on avance dans la formation, plus la perspective d’une vie pastorale se dessine. Le désir de quitter ses petits camarades croît avec le temps. De fait, on peut dire alors que cela participe aussi au discernement.

Pour ma part, j’ai toujours été très surpris de l’équilibre de notre formation, équilibre qui nous permet de grandir dans la foi, de progresser aussi dans la compréhension de ce qu’est une vie en paroisse.


Etudier la théologie en vivant ensemble, en ayant, de manière progressive, une insertion dans la vie apostolique permet de ne pas s’enfermer dans un petit monde intellectuel et spéculatif. Nos études doivent nous permettre de prendre du recul, de donner de l’épaisseur à nos rapports avec les autres, de constituer notre personnalité et de nourrir notre vie de prière.

S’arrêter sur cette phrase serait à moitié vrai ou à moitié faux. Ce que je viens de dire ne prend sens, ne prend corps, que si l’on ajoute que la réciproque est indispensable. Nos préoccupations intellectuelles se doivent d’être enrichies de notre vie. La formation au séminaire est riche car elle est décloisonnée. Apprendre à ne pas faire de cloisons ou à briser celles que nous serions tentés d’ériger, cela participe aussi au discernement. Il n’y a pas d’un côté les livres et les professeurs, d’un autre la chapelle et le bréviaire et de l’autre les frères séminaristes et les gens que nous rencontrons dans nos activités apostoliques.

Si Dieu est présent en toute chose, toute notre vie, toutes les activités qui la composent nous permettent de Le rencontrer, de Le découvrir et de brûler de plus en plus du désir de L’annoncer au monde.


Loïc Jaouanet
Diacre du diocèse de Bourges
Article extrait de la Vie Diocésaine du 4 octobre 2009