Le 4 octobre 2009 seront fêtés les cent ans d’installation du Séminaire au Cloître Saint-Aignan.
Peu d’orléanais savent depuis quand existe un Séminaire dans leur ville. Cet anniversaire est ainsi l’occasion de rappeler l’importance, au cours des derniers siècles, d’un tel édifice dans la vie de la cité et de l’Eglise. L’ouverture d’un séminaire à Orléans remonte à la fin du 17e siècle.
Ce premier séminaire fut installé en 1670, par Monseigneur Pierre du Cambout de Coislin dans les anciens locaux du chapitre Saint- Avit. Mais l’espace s’avéra vite insuffisant, et Mgr de Coislin entreprit alors de racheter tout le quartier compris entre les actuelles rues Dupanloup et des Bons Enfants d’une part, du Bourdon Blanc et Serpente de l’autre ; au début du XXe siècle, cet espace deviendra le lycée de jeunes filles –lycée Jeanne d’Arc- de la ville d’Orléans. C’est aux Sulpiciens que l’on fit appel pour diriger le séminaire. Ils y restèrent jusqu’à la période révolutionnaire où ils refusèrent de prêter serment ce qui entraîna la fermeture du séminaire.

Les études, à l’époque, s’étendaient sur quatre années. La première était consacrée à la logique et à la physique, les trois autres à la théologie. En 1793, les lieux sont transformés en prison, et ce n’est qu’en 1825 que le séminaire revint dans ses anciens locaux. Il y restera jusqu’à la loi de séparation des Eglises et de l’Etat ou, plus exactement, jusqu’en décembre 1906.
C’est donc il y a cent ans, le 1er juillet 1909, après un passage de deux ans rue Pasteur, que Mgr Touchet, évêque d’Orléans, inaugure une «nouvelle école de théologie». Celle-ci est située au 1 cloître Saint-Aignan. Les locaux avaient appartenu aux Ursulines, interdites d’enseignement par la loi de 1904 et contraintes à l’exil. Celles-ci avaient acquis les lieux en 1810 et avaient fait quelques travaux d’agrandissement. Elles ont su cependant préserver la terrasse construite par ordre de Louis XI et dont subsistent encore aujourd’hui deux échauguettes, face aux quais de la Loire.
Quelle vie menait-on au séminaire en
ce début du XXe siècle ?
Le père Lenoir nous en donne une idée.
Entré en 1919, ce qu’il dit de la vie au
séminaire ne changera guère jusqu’à la fin
des années 50 :
"C’était à l’époque une bâtisse assez
inconfortable. […] Le régime de la maison
était dur et fatiguant. A 5 heures, réveil
qu’un de nos confrères, «l’excitateur»,
réalisait en venant nous saluer au nom du Seigneur. Il était quelquefois mal reçu ! A
5 h et demi, méditation dans la salle commune,
avec des positions diversifiées,
c’est-à -dire un quart d’heure agenouillé,
un quart d’heure assis et un quart d’heure
debout. […] Après les études de la matinée
se situait, avant le déjeuner, l’examen
particulier : moment de recueillement et
aussi, avouons-le, parfois de quelque
récréation. […]
Nous vivions véritablement
une vie d’étude et de prière, un peu monacale,
mais dont j’appréciais, avec mes
confrères, l’authenticité et le sérieux. […]"

Un prêtre enseignant et 19 séminaristes tombèrent au cours de la guerre de 1914-1918. En 1930, les lieux sont devenus trop petits et Monseigneur Jules-Marie Courcoux, évêque d’Orléans depuis 1926, décide de les agrandir vers l’ouest et de construire un nouveau réfectoire en bordure de la rue Coligny. Mais au fil des ans, les effectifs diminuent et, en 1967, les évêques de la Région Apostolique Centre décident d’ouvrir le premier cycle du séminaire à Tours ; les cycles suivants sont assurés à Orléans. Le séminaire devient interdiocésain.
En 1969, s’ouvre à la Maison Saint- Aignan le Centre d’Etude et de Réflexion Chrétienne qui a vocation à assurer notamment la formation des séminaristes qui ont fait leur premier cycle à Tours. En 1973, le séminaire de Tours ferme. Il n’y a donc plus de premier cycle dans la région Centre et le Séminaire d’Orléans est menacé d’extinction.
En 1980, lors de son passage éclair comme évêque d’Orléans, Mgr Jean-Marie Lustiger décide avec les évêques de la Région Apostolique Centre, d’ouvrir à Orléans un séminaire de premier cycle. Mais, alors que les sulpiciens étaient revenus en 1919 prendre la direction du séminaire, pour cette réouverture, ce sont les eudistes qui sont appelés à la tâche. Le Père Jacques Venard est alors nommé supérieur de ce nouveau premier cycle. Mgr Lustiger installe les bureaux de l’évêché au 1, Cloître Saint-Aignan et met le reste des locaux à la disposition du nouveau séminaire au 4, impasse Sant- Aignan. Celui-ci prend alors le nom de «Notre-Dame du Chemin», ancienne paroisse démolie en 1878 qui était située à l’entrée de la rue de Bourgogne.
La première année, ils sont six venant de trois diocèses différents. Et, pour démarrer l’aventure, six prêtres enseignants. A la rentrée suivante, l’ancien évêché devenu séminaire se révèle trop petit et progressivement, le séminaire revient au 1 cloître Saint-Aignan.
Après 13 ans de va-et-vient d’un côté à l’autre du Cloître, il se réinstalle définitivement à son emplacement actuel et des travaux importants y sont réalisés par les diocèses fondateurs. A l’aube du nouveau millénaire, le séminaire fête les 20 ans de sa réouverture. En 2002, grâce à la ténacité du père Pierre-Yves Pecqueux, supérieur du séminaire, un certain nombre de cours du séminaire sont accessibles aux laïcs et le séminaire devient une antenne de l’Institut Catholique de Paris. L’année suivante, le séminaire ouvre ses portes à ceux que l’on appelait «les vocations tardives», puis «les aînés» et qui jusqu’alors étaient formés à Valence. Ce «pré-séminaire» ouvert à tous les diocèses de France, prend le nom de…. Notre- Dame du Chemin ! Il accueille des candidats qui n’ont pas le baccalauréat et leur offre une remise à niveau afin de pouvoir aborder sans trop de difficultés les études qui conduisent à la prêtrise. Aujourd’hui, le séminaire compte plus d’une quarantaine de séminaristes venant de 20 diocèses et des cinq continents.
L’équipe de préparation du Centenaire
Article extrait de la Vie Diocésaine du 4 octobre 2009


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